preparatory:AB 319046
Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2023-05-03
Wortprotokoll
Vous connaissez certainement les "puff", ces cigarettes électroniques qu'on produit, qu'on consomme et qu'on jette en un temps record. Elles sont composées d'une boîte en plastique et d'une batterie, qui renferme du lithium, du cobalt et du nickel. Elles sont à usage unique et, de fait, jetées après leur consommation. Elles nécessitent d'importantes quantités d'énergie, de déplacements et de matériaux minéraux très spécifiques qui, une fois assemblés, se révèlent difficiles à séparer pour être valorisés. Leur vie est extrêmement courte: elles finissent à la poubelle quand elles ne sont pas abandonnées dans la nature ou dans la rue.
Pourquoi vous parler des "puff" ici? Parce qu'elles expriment assez clairement le sens de la proposition de minorité que je défends ici à l'article 30a alinéa 1. Sous l'intitulé "limitations", la proposition vise à réduire drastiquement les produits destinés à un usage unique, à travers, d'une part, l'obligation de les sortir du marché, et d'autre part, de travailler avec le principe de prix dissuasif. On parle ici autant de sacs en plastique que de sachets de légumes, en passant évidemment par la vaisselle jetable, mais les "puff" ont évidemment aussi leur place dans ces listes.
Ce qui est mauvais pour la planète est souvent mauvais pour la santé humaine; on peut parler de microplastiques, de fumées nocives, de composants cancérigènes - la liste est longue, bien trop longue. Les emballages à usage unique représentent environ un tiers de nos déchets. C'est donc une composante majeure de notre société de consommation et de la culture du jetable. Produit en cinq secondes, utilisé pendant cinq minutes, à l'état de déchet dans la nature pendant près de cinq siècles; tel est le cycle de vie typique du plastique jetable.
Grâce à ma proposition de minorité, pour laquelle je me réjouis d'obtenir votre soutien, nous tournons le dos à cette logique.
L'article 30a alinéa 2 lettre a vise l'utilisation de substances ou d'organismes qui compliquent l'élimination des produits, ou qui peuvent constituer une menace pour l'environnement et pour la santé, bien sûr. Je pense notamment aux PFAS des poêles ou autres shorts de bain et au nickel des "puff".
La lettre b, elle, vise les déchets pour lesquels aucune méthode d'élimination respectueuse de l'environnement n'est connue. Je pense notamment à tous ces produits qu'on ne peut pas trier avant de jeter, car ils sont tout simplement conçus d'une seule pièce; et là encore, les "puff" peuvent être citées.
La lettre c, quant à elle, vise la limitation de l'usage de l'eau. C'est une thématique qui, malheureusement, n'est pas suffisamment présente dans cette initiative parlementaire sur l'économie circulaire. Son recyclage, de manière, entre autres, à valoriser la matière des résidus présents dans les eaux usées, est pourtant capital. Ce terrain est malheureusement encore trop peu exploité. Pourtant, on sait très bien que le conflit autour de l'eau sera de plus en plus présent dans les exigences que nous aurons face au réchauffement climatique. Nous devons trouver des solutions. Le principe même du recyclage de l'eau sera très important. Je vous propose de démarrer sur cette thématique. C'est un thème politique qui reviendra, et je me réjouis que nous nous en emparions clairement.
Ma deuxième minorité concerne l'article 30b et la proposition d'ajouter un alinéa 4, qui demande que les détaillants aient l'obligation de reprendre les emballages et les suremballages. Cela paraît assez logique de préciser ici que les clients doivent disposer, sur place, d'un espace adapté qui soit dédié à ces désemballages des produits. Si c'est bien sûr à la source qu'il faut réduire les emballages, eh bien, on peut aussi considérer que la responsabilité de les récupérer incombe également aux fabricants, et pas seulement aux consommateurs et consommatrices, et pas seulement, non plus, aux collectivités qui, aujourd'hui, protègent les fabricants pour taxer les citoyennes et les citoyennes.
Je vous remercie donc de faire bon accueil à mes deux minorités.