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Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2023-05-31

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2023-05-31

Wortprotokoll

J'ai l'honneur d'être le dernier de cette petite liste d'orateurs. Petite comme si le sort des libertés et des droits des citoyens face à l'Etat suscitait moins d'intérêt de la part de certains d'entre nous que d'autres sujets. Je ne vais pas répéter ce que j'ai dit tout à l'heure. Je voudrais juste revenir sur quelques points au terme de ce débat.

J'ai entendu à plusieurs reprises qu'il y aurait toujours eu un libre choix, qu'il n'y aurait jamais eu d'obligation de vaccination. Il faut oser le dire et oser aller l'expliquer à tous ceux qui ont été virés de leur travail parce qu'ils refusaient de se faire vacciner. Des exemples ont été cités, j'en prends d'autres. Prenons une situation que certains parmi nous ont connue au Palais fédéral: ceux d'entre nous qui refusaient de se faire vacciner ont vu leur carte d'entrée au Palais fédéral être désactivée. Nous avons dû rentrer dans le Palais fédéral, pour y assumer nos obligations parlementaires, y accomplir notre mandat, par l'entrée des visiteurs. Nous, les élus, avons dû rentrer comme des visiteurs dans le Palais. Certaines fois, il y avait des agents de sécurité pour nous empêcher d'aller boire un café à la Galerie des Alpes.

Donc la réalité, si on ne veut pas jouer sur les mots comme certains, c'est que, principalement au moyen du fameux certificat COVID-19, on a mis en place ce qu'il faut bien appeler une obligation déguisée de vaccination, qui a conduit à fracturer la société, des familles, par toute une série de discriminations sociales ou professionnelles.

C'est ça que nous voulons éviter, c'est ça qu'avec l'initiative au besoin - j'espère plutôt le contre-projet ou l'une ou l'autre variante - nous ne voulons plus voir.

L'interprétation du texte de l'initiative est la suivante: certains ici, j'aimerais dire, font vraiment semblant de ne pas comprendre ce que veulent les initiants et ce que voulaient les plus de 125[NB]000 citoyens qui ont signé cette initiative; je pense surtout à ceux qui essaient de nous faire croire que l'initiative interdirait à la police d'intervenir, interdirait la fouille dans les aéroports ou encore les tests ADN. Vous savez, il y avait à Rome une plaisanterie qui courait: on disait qu'il n'y a pas deux augures qui pouvaient se croiser sans rire. Est-ce qu'il y a deux élus dans cette salle qui, sans rire, peuvent soutenir que cette initiative, si elle devait être acceptée, empêcherait par exemple la police de faire son travail? Si on veut faire preuve d'un minimum de bonne foi, il faut se souvenir - ceux qui n'ont pas signé l'initiative ne le savent pas, moi qui l'ai signée, je le sais - qu'il y avait un sous-titre, ce sous-titre est limpide, c'est "Stop à la vaccination obligatoire". S'il devait y avoir des détails à régler - il y en aura forcément -, ces détails seraient réglés par le Parlement dans la mise en oeuvre de cette initiative; c'est prévu explicitement dans les dispositions transitoires de l'initiative.

La liberté, pour terminer, tout le monde en a parlé, mais la liberté, ça ne peut pas être simplement un mot. Il faut quand même que cela se traduise dans la réalité. Alors, nous verrons bien, probablement dans un moment, qui sont dans cette salle les vrais défenseurs ou les seuls défenseurs des droits et des libertés des citoyens face à l'Etat, dans le domaine particulier de la vaccination.