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Calmy Micheline · Bundesrat · 2003-03-20

Calmy Micheline · Bundesrat · Genf · 2003-03-20

Wortprotokoll

Laissez-moi vous dire que je suis inquiète concernant la tenue des manifestations, dans la mesure où effectivement nous ne savons pas aujourd'hui comment et où celles-ci auront réellement lieu. Nous avons souhaité qu'elles puissent avoir lieu en France et que la logistique de ces manifestations puisse être organisée en France. Nous ne pouvons cependant pas interdire la liberté d'expression en Suisse, et des manifestations sont aujourd'hui prévues à Genève, à Annemasse en France et sur le pourtour du lac Léman, en particulier à Lausanne. On doit donc partir de l'idée que ces manifestations seront transfrontalières.

Maintenant, permettez-moi d'espérer que des manifestations n'auront pas lieu à Zurich, à Berne ou Dieu sait où encore en Suisse. Je ne pense pas que l'intérêt des manifestants soit de déplacer leur centre de manifestation trop loin d'Evian.

L'organisation des coopérations policières est axée sur le bassin lémanique et pas sur d'autres régions de Suisse. Mais évidemment, s'il y avait des manifestations ailleurs, il y aurait un engagement des polices cantonales concernées face aux manifestants. En l'occurrence, les procédures sont normales, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'engagements supplémentaires puisque ceux-ci sont prévus actuellement autour du bassin lémanique. C'est la réponse que je peux vous donner. Mais j'ajoute encore que nous sommes bien entendu dépendants de ce qui va se passer très concrètement dans ce domaine. Encore une fois, cet accord ne règle pas tous les détails et ne peut pas les régler. Je ne peux notamment pas vous répondre très précisément sur la question que vous posez: "Très concrètement, comment ça se passe?" Nous réglons les questions de principe et les questions de détail seront réglées le moment venu. L'enjeu est effectivement de voir sur le plan opérationnel comment cela fonctionne.

Ceci étant, la coopération policière autour du bassin lémanique est beaucoup plus compliquée à gérer que si ça se passait à Zurich ou à Berne, dans la mesure où nous sommes dans une région transfrontalière, où il y a trois cantons concernés et deux pays. C'est ce qui fait toute la difficulté et qui nécessite cet accord.

Puisque j'ai la parole, j'ajouterai encore une chose. M. Schlüer a dit tout à l'heure qu'il trouvait très choquant le fait d'avoir imposé un Sommet du G8 à Evian, une région frontière proche de la Suisse. Je voudrais vous répondre que la Genève internationale organise chaque année et de multiples fois dans l'année des manifestations internationales qui nécessitent des protections. Et nous assumons seuls la sécurité et la protection des personnes, sans aucune aide de la France. En cas d'acceptation aujourd'hui, l'accord qui sera en vigueur permettra, selon son article 9, de faire participer financièrement la France à de futurs événements qui pourraient avoir lieu en Suisse. C'est donc quelque chose de nouveau pour l'avenir. Il en va véritablement de la crédibilité de la Genève internationale et du bassin lémanique et de leur capacité à accueillir de grosses manifestations internationales.