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Crottaz Brigitte · Nationalrat · 2023-09-13

Crottaz Brigitte · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2023-09-13

Wortprotokoll

A l'article 43 alinéa 6 bis de la loi sur l'assurance maladie, la minorité II que je défends est très proche de la minorité I (Maillard). Elle est peut-être un petit peu moins extrême dans sa rédaction. Selon cette minorité "les parties à la convention et les autorités compétentes veillent à ce que toutes les prestations, entre autres les soins de base et d'urgence, soient représentées de manière appropriée", par ailleurs il doit être possible de, "si nécessaire à cette fin, convenir ou fixer des tarifs différenciés pour certains [PAGE 1582] domaines de spécialité médicale ou groupes de fournisseurs de prestations."

Ces deux minorités visent en fait la même chose: revaloriser la médecine générale ou médecine de premier recours. Cela devrait inciter les étudiantes et étudiants à opter pour cette voie, plutôt que pour celles très lucratives de certaines spécialités.

Pour que les soins de base et d'urgence soient représentés de manière appropriée dans toutes les régions, il devrait être possible d'augmenter les tarifs de la médecine de premier recours et, ainsi, éviter la pénurie qui se profile à relativement court terme. Une bonne rémunération permettrait de donner un signal fort aux étudiantes et étudiants en médecine.

Pour répondre aux besoins en soins de la population, il faudrait actuellement une proportion de 50 pour cent de généralistes. Or, en Suisse, nous en sommes bien loin, avec moins de 30 pour cent. L'objectif de la proposition de minorité est de faire en sorte que, si nécessaire, pour les valoriser, le tarif des généralistes soit différencié de celui des spécialistes.

Refuser la différenciation de tarifs entre ces deux types de prestataires de soins relève d'une vision à très court terme: la pénurie de médecins de premier recours est déjà une réalité en de nombreux endroits du pays et pose d'importants problèmes d'accès aux soins. Il en va aussi de la maîtrise des coûts. Il faut inverser la tendance actuelle, car toujours plus de consultations en médecine spécialisée engendrent une augmentation constante des coûts. A l'inverse, revaloriser la médecine de premier recours participe à rompre la spirale de la croissance des coûts de la santé et c'est bien ce qui est souhaité par l'ensemble de cette assemblée.

Différencier les tarifs en augmentant ceux des généralistes a bien sûr un coût, mais qui devrait être aisément compensé par la diminution des consultations spécialisées. Si tel n'est pas le cas, le texte introduit la possibilité d'envisager une diminution du revenu des spécialistes. Au fond, il s'agit de solidarité entre les médecins.

Je crois que tout le monde s'accorde à dire que les médecins de premier recours ne sont pas assez valorisés et qu'il est temps de faire un geste pour inverser la préférence croissante des personnes en formation à se spécialiser à tout prix.

Pour toutes ces raisons, je vous invite donc à soutenir ma minorité.