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Python Valentine · Nationalrat · 2023-09-20

Python Valentine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2023-09-20

Wortprotokoll

Depuis le début du XXe siècle, la participation aux votations populaires fédérales est en baisse. Les 18-25 ans ne sont qu'un tiers à faire usage de leur droit de vote. Comment remédier à ce manque d'intérêt démocratique de notre jeunesse?

L'une des pistes explorées passe par la formation et les cours d'éducation à la citoyenneté. Au travers de cours d'éducation civile, d'histoire ou de géographie, nos jeunes apprennent à comprendre notre système politique et le fonctionnement de nos institutions, car s'il est très démocratique, il est aussi complexe.

L'expérience sur le terrain - mais le postulat devrait le vérifier - semble démontrer que très peu de jeunes arrivés en fin de scolarité obligatoire disposent des connaissances nécessaires pour comprendre, par exemple, la séparation des trois pouvoirs - législatif, exécutif et judiciaire -, pourtant à la base de la démocratie. Tout comme très peu sont en mesure de distinguer les différents partis politiques en fonction de leurs systèmes de valeur et préoccupations principales. Il en résulte un désintérêt pour les processus politiques. En effet, il n'est dans l'intérêt d'aucun parti que les citoyens considèrent que les politiciens sont tous les mêmes, comme nous l'entendons fréquemment dans la rue.

De même, combien d'élèves ont eu l'occasion de développer les compétences transversales propres au vivre-ensemble, comme la collaboration et la coopération, permettant d'accepter des opinions et des intérêts divergents, ainsi que la recherche de consensus, très chers à notre processus démocratique.

Avec ce postulat déposé en mars 2022, je demande donc au Conseil fédéral de fournir un rapport détaillé et exemplifié des différents moyens pour promouvoir l'éducation à la citoyenneté existant en Suisse, d'identifier les résultats positifs, les lacunes et les pistes de développement, en se fondant notamment sur les moyens mis en oeuvre dans d'autres pays et en relation avec les taux de participation aux[NB]votations[NB]par[NB]tranche[NB]d'âge. Il détermine également les conditions d'un soutien en la matière de la Confédération aux cantons.

Cette demande est considérée comme non nécessaire par le Conseil fédéral. Or, les chiffres parlent d'eux-mêmes: le taux de participation très bas des jeunes démontre que nos efforts ne sont pas encore suffisants. Il considère également que les moyens existants sont suffisants pour garantir l'éducation à la citoyenneté dans notre pays. Or, les instruments mentionnés offrent une vue d'ensemble et sont accessibles sur une base participative uniquement, avec, par conséquent, une grande diversité de pratiques selon les établissements, les régions et les enseignants, malgré l'introduction de l'éducation à la citoyenneté dans les plans d'études de l'école obligatoire, des écoles de culture générale et de maturité.

Dans la formation professionnelle, l'éducation civique figure certes dans le plan d'étude cadre. Or, pendant le cursus de l'apprentissage sans maturité professionnelle, qui concerne plus des deux tiers des formations secondaires de degré II, cela correspond bien souvent à trois périodes de 45 minutes sur les 3 ans d'apprentissage. Cette filière ne comprenant pas l'enseignement de l'histoire, l'intégralité des connaissances en lien, comme les droits de l'homme et la séparation des pouvoirs, sont présentées très brièvement. Le temps d'enseignement à disposition ne permet pas non plus de préparer des jeux de rôles dans la perspective de l'assimilation des compétences transversales mentionnées. Il ne permet que rarement de faire participer ces classes aux activités existantes, comme Campus pour la démocratie.

Il faut également prendre en considération le contexte sociétal actuel, qui justifie un effort supplémentaire de la Confédération. La disruption numérique, la déconnexion avec le monde physique, la nouvelle situation géopolitique, la montée des extrémismes, la montée de la violence verbale et physique envers les minorités, l'explosion des maladies mentales démontrent que notre jeunesse va mal.

La sortie de la crise du COVID-19 a laissé des traces: une génération inquiète, qui voit aussi son avenir s'assombrir chaque été un peu plus.

Face à cette réalité, l'éducation citoyenne, c'est aussi une manière de lui donner légitimement la parole, de lui permettre d'exprimer son ressenti et ses aspirations.

Pour toutes ces raisons, je vous prie de soutenir le présent postulat.