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Vara Céline · Ständerat · 2023-12-11

Vara Céline · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2023-12-11

Wortprotokoll

Cela a été dit par la rapporteuse, l'endométriose est l'une des maladies gynécologiques les plus fréquentes. On estime qu'une femme sur dix est atteinte d'endométriose en Suisse.

Cette maladie est considérée comme une maladie féminine. Elle a été très peu étudiée; les recherches sont encore très peu nombreuses. En effet, la cause de cette maladie n'a toujours pas été déterminée; les éléments de diagnostic restent très invasifs et ils doivent être absolument améliorés grâce à la recherche. C'est d'ailleurs ce qui est demandé. Un moyen de guérison n'est toujours pas disponible; aujourd'hui, on ne peut pas guérir l'endométriose, et cela génère de grandes souffrances.

Les conséquences d'une endométriose non traitée, ce ne sont pas seulement des douleurs, des douleurs atroces tous les mois, mais c'est aussi l'infertilité. On sait que pour une femme sur deux qui n'arrive pas à avoir d'enfant, la raison est l'endométriose.

La rapporteuse nous a expliqué, et cela est mentionné dans le rapport des considérations de la commission, dans le cadre du programme national de recherche (PNR) "Médecine, santé et genre", qu'un budget de 11 millions de francs était prévu, qui devrait être alloué à des projets visant à créer une base de connaissances pour l'intégration des aspects liés au genre et au sexe dans la recherche médicale. Il est indiqué aussi qu'il sera entre autres possible de soutenir des projets consacrés à l'endométriose. Concernant cet argument, je me permets de citer Mme Simone Kamm qui est spécialiste en gynécologie et médecin-chef au centre d'endométriose de l'hôpital de Limmattal; vous l'avez peut-être lue aujourd'hui dans le "Tages-Anzeiger". Mme Kamm nous dit: "Endometriose ist eine frauenspezifische Krankheit und kein Gender-Thema, sonst müsste Hodenkrebs auch unter die Gender-Medizin fallen."

Je crois que cela a le mérite d'être clair.

On nous dit aussi qu'il y aurait un risque que les politiciens influencent la recherche. Dans le même article du "Tages-Anzeiger", on lit aujourd'hui les propos de M. le conseiller fédéral qui précise que le Fonds national suisse soutient déjà des projets individuels sur l'endométriose.

J'aimerais quand même rappeler que le dernier projet de recherche sur l'endométriose qui a été approuvé a été soumis en 2014, il y a donc dix ans. C'est le dernier projet qui a été accepté. En comparaison, lorsque, dans le moteur de recherche du Fonds national suisse, vous entrez par exemple le mot "prostate", pour voir quels projets ont été soutenus par le fonds dans ce domaine, vous verrez qu'il y en a 246. En comparaison, sur l'endométriose, il n'y en a que 9. Cela démontre que si influence il y a - et visiblement c'est le cas -, en l'occurrence il serait bien de rétablir un équilibre, et c'est nous qui devons le faire.

Je me permets aussi de citer Michael Müller, médecin-chef en gynécologie à l'Inselspital: il rappelle qu'aujourd'hui, pour pouvoir diagnostiquer l'endométriose, il faut plus de neuf ans, parce que nous n'avons pas investi, ces dernières années, les moyens nécessaires pour pouvoir diagnostiquer correctement cette maladie.

La question est de savoir si, effectivement, nous sommes en train de donner une impulsion depuis le haut. Oui, c'est bien le cas, mais c'est aussi une impulsion qui vient du bas. Pourquoi? Parce que nous avons - et vous avez reçu, j'imagine, chacune et chacun, le courrier dans votre boîte mail - le soutien des spécialistes dans le domaine, et notamment, celui de la Société suisse de gynécologie et d'obstétrique. Je rappelle qu'en comparaison, et c'est mentionné dans leur lettre de motivation, l'Allemagne et la France ont lancé des programmes nationaux de lutte contre l'endométriose. C'est dire combien la Suisse est en retard sur cette question.

Nous ne souhaitons pas modifier la procédure, comme cela a été suggéré par la rapporteuse. Nous sommes simplement en train de prendre acte qu'il existe aujourd'hui une demande conséquente de la base, des spécialistes dans le domaine. Vous savez aussi qu'une pétition avec plus de 18[NB]000 signatures a été déposée, qui vise à ce que nous donnions aujourd'hui cette impulsion pour que le Fonds national suisse fasse les recherches nécessaires sur cette question.

Ont également été mentionnés - cela sera mon dernier mot - le postulat et la motion en cours de traitement, notamment le postulat de commission 23.3009, "Stratégie de détection précoce de l'endométriose". Il faut préciser que ce postulat, adopté quasiment à l'unanimité par notre conseil, a bien sûr son importance pour ce qui est de la sensibilisation de la population, et évidemment des acteurs de la santé, à cette question, mais il ne prévoit aucun moyen. C'est cela qu'il nous faut aujourd'hui pour faire avancer la recherche. Vous savez que la recherche coûte cher. C'est pour cela qu'il faut des moyens. Le but est de trouver l'origine de l'endométriose et de pouvoir soigner cette maladie.

J'aimerais encore préciser à l'attention du Conseil fédéral que, dans l'hypothèse où cette motion devait être refusée - et comme cela a été mentionné par la rapporteuse -, il est important aujourd'hui que nous donnions un signal à l'extérieur, parce qu'énormément de femmes et de professionnels de la santé attendent notre décision, pour savoir si nous avancerons sur cette question. Je pense qu'il est aujourd'hui très important de dire et de confirmer que si la motion devait ne pas être acceptée, ce thème serait bien traité en priorité dans les plans d'action mentionnés par la rapporteuse, notamment avec le soutien des deux commissions qui ont traité la motion.

C'est pourquoi je vous invite à accepter la motion.