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Marty Dick · Ständerat · 2003-03-18

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-03-18

Wortprotokoll

M. Escher a certainement raison sur un point. Le choix qui nous est proposé aujourd'hui est difficile. Par contre, je ne le suis pas quant aux conséquences qu'il en tire.

C'est un choix difficile parce que les deux points de vue ont certainement de bonnes raisons à faire valoir et je respecte [PAGE 271] parfaitement ceux qui voteront d'une façon différente de la mienne. Je pense qu'ils le feront pour des raisons auxquelles ils croient.

Ce qui me dérange cependant, et là je ne vous suis absolument plus, Monsieur Escher, c'est que, parce que la situation est incertaine, il faudrait suivre le canton de Zurich, Unique et Swiss car ce sont les plus concernés. Je crois que ça, ce serait nous déresponsabiliser. Aujourd'hui, notre responsabilité est importante; nous devons l'assumer personnellement. Je regrette fort que cette Chambre ait, il n'y a pas tellement longtemps, refusé le principe des votes à l'appel nominal car, quoi qu'il arrive demain, avec ou sans ratification, j'aimerais bien savoir, et l'opinion publique de ce pays a le droit de le savoir, qui a assumé la responsabilité dans un sens ou dans l'autre et qui s'est réfugié au café.

Je suis proche de la branche touristique, vous le savez, et j'ai à peine besoin de souligner que le tourisme a un intérêt éminent à ce qu'une compagnie aérienne suisse non seulement existe, mais puisse subsister et croître avec succès. Il existe un intérêt éminent à ce qu'il y ait un aéroport intercontinental performant. Il ne s'agit pas de se prononcer pour ou contre Zurich, pour ou contre l'aéroport Unique. Ce n'est pas la question aujourd'hui. Ceux qui croient que les personnes qui sont favorables à l'accord avec l'Allemagne le font dans un esprit antizurichois font une simplification totalement arbitraire.

Mon approche est la suivante: nous avons une option juridique et une option politique. L'option juridique est certainement incertaine; c'est une vue tout à fait partielle du problème. Je crois qu'on doit remettre ce problème dans un cadre beaucoup plus vaste. Nous ne pouvons pas affronter ce projet exclusivement en termes juridiques.

Cet accord s'insère dans un cadre de politique étrangère dans un moment extrêmement délicat pour notre pays. Il est évident que l'Allemagne, au cours des dernières décennies, a été pour la Suisse non seulement un allié, mais aussi un pays ami. Au moment où la Suisse est de plus en plus seule, nous n'avons pas seulement besoin d'alliés, mais nous avons surtout besoin d'amis et de pays qui comprennent notre situation.

La non-ratification de cet accord agacera l'Allemagne, son gouvernement, qui doit faire face aussi à une opinion publique, et je ne crois pas que nous allons renforcer nos liens d'amitié, bien au contraire. Je crois donc pouvoir affirmer que la non-ratification est un grand risque dans le cadre de la politique étrangère. Les accords bilatéraux II sont loin d'être conclus encore; ce sont des accords complexes; ce sont des accords essentiels pour notre pays. Après les accords bilatéraux II, nous aurons les accords bilatéraux III, qui seront trois fois plus complexes encore parce qu'il y aura une Europe élargie. Il ne suffira pas que ces accords soient ratifiés par 15 pays, mais par une foule d'autres pays.

Donc, attention, nous risquons d'être de plus en plus seuls et nous risquons d'agacer et d'énerver les quelques amis que nous avons encore sur le plan international. Dieu sait combien notre pays a besoin des pays qui nous entourent! Je n'ai pas besoin de vous rappeler les chiffres de notre économie et à quel point nous dépendons de ces pays.

C'est vrai que, dans cette salle, il n'y a pas tellement longtemps, encore ces jours - cela venait de la droite de l'hémicycle -, on nous disait: "Wir brauchen das Ausland nicht." Cela, c'est la mentalité qui est à la base de ces attitudes qui me semblent un peu arrogantes et qui consistent à dire: "On n'a pas besoin des autres, on décide comme on veut ici!", alors que vous savez pertinemment que ce n'est pas ainsi que vont les choses dans le monde d'aujourd'hui.

Donc, sur le plan politique, nous devrons trouver une solution. Et je crois que, sur le plan politique, ce sera plus facile de la trouver en autorisant aujourd'hui le Conseil fédéral à ratifier l'accord plutôt qu'en le lui interdisant.

Je me rallie donc à la minorité.