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Béguelin Michel · Ständerat · 2003-03-20

Béguelin Michel · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2003-03-20

Wortprotokoll

"Loyer, panier de la ménagère, santé, transports, assurances, la Suisse est devenue hors de prix. Les mille cartels qui prolifèrent dans la Confédération ne se contentent plus de pressurer notre porte-monnaie, ils mettent sérieusement en péril notre économie .... deux associations d'entreprises et de professions sur trois forment des accords cartellaires et se livrent à des pratiques collusoires. Conséquence: 50 à 60 pour cent des prix de biens et services sont réglés par ces accords. C'est un record absolu. Par un curieux dédoublement de la personnalité, l'Helvète, libre-échangiste acharné quand il s'agit de promouvoir ses machines-outils aux quatre coins de la planète, se mue brutalement en un farouche protectionniste pour ne pas partager son petit marché intérieur." Ce que je viens de vous lire est un extrait d'une publication romande, "L'Hebdo", dossier publié le 10 octobre, mais en 1991, soit il y a près de douze ans. Dans le même article, un jeune économiste ultralibéral de 30 ans, Eric Scheidegger, qui avait consacré sa thèse à chiffrer le coût de ce blocage du marché, l'estimait à 9,3 milliards de francs par année. Douze ans plus tard, faites le calcul!

L'incohérence de la droite économique ultralibérale à l'extérieur et ultraprotectionniste à l'intérieur, a coûté aux citoyens de ce pays environ 100 milliards de francs depuis 1991. A côté de cela, le scandale du SAir Group est du pipi de chat. Sans regrets, les responsables de ce trou de 100 milliards de francs ont bonne conscience. Ils ont sans doute le sentiment d'avoir bien défendu leurs intérêts. Je souhaiterais vraiment qu'une équipe de jeunes chercheurs mette des noms sur les principaux responsables qui ont manoeuvré depuis 1991 pour que rien ne bouge.

Conclusion: la révision de la loi sur les cartels est urgentissime pour casser ces prix fantaisistes simplement majorés sous prétexte que la Suisse est riche, et surtout pour le bien de notre croissance économique. Sur le principe, cette nouvelle loi est vraiment une oeuvre de salubrité publique. Encore faut-il que la nouvelle loi ait des dents, qu'elle puisse mordre et faire mal à tous ceux qui abusent les consommateurs en leur imposant des prix injustifiés.

Je vous invite à entrer en matière.