Poggia Mauro · Ständerat · 2024-03-14
Poggia Mauro · Ständerat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-03-14
Wortprotokoll
Je vous demande évidemment de soutenir la proposition de la minorité de la commission. J'ai le sentiment que, petit à petit, une vision politique court-termiste finit par avoir raison de notre clairvoyance, qui a fait la force de notre pays et de notre économie. Cette économie nous permet d'avoir des moyens de mener une politique sociale dont certains se considèrent sans doute comme meilleurs porteurs que d'autres. Cette force de notre économie ne peut évidemment pas se satisfaire de calculs d'épicier, de calculs de rentabilité des prochaines années. C'est à long terme que nous devons voir pour les générations futures. C'est la capacité de résister à une concurrence internationale de plus en plus forte. Vous le savez: Dubaï, Singapour, Londres, pour ne citer qu'eux, nous observent. Je les imagine nous observer avec le sourire, puisque, finalement, nous sommes en train d'imaginer nous tirer une balle dans le pied afin de permettre à ces places financières de récupérer ce que nous ne voulons pas. Mais nous ne le voulons pas en employant la forme; la forme, c'est-à-dire maintenir une orthodoxie de fiscalité. Or, comme l'a dit très justement notre collègue Broulis, nous devons aussi avoir un pragmatisme en matière de fiscalité et regarder ce qui se fait ailleurs.
Le 2 juin de l'année dernière, il y a moins d'une année, notre Conseil fédéral a adopté la première stratégie maritime suisse, ce qui était une première. Selon le vote qui sera prononcé ici, ce sera une stratégie de bateaux gonflables. Je pense qu'aujourd'hui nous devons avoir le courage de donner à la Suisse les moyens de poursuivre une politique efficace en matière d'économie, avec l'imagination et l'agilité nécessaires pour, précisément, résister à cette concurrence internationale.
On l'a dit: 21 pays, les plus importants dans le domaine du commerce maritime, ont abordé la question de la taxe au tonnage. Il en va de l'attractivité de la place suisse et de l'attractivité du pavillon suisse; ce sont des milliers de places de travail, ce sont des millions d'impôts qui seraient versés à la Suisse, qui nous permettraient de mener nos politiques publiques, que nous mettrions en péril. Il ne s'agit pas simplement de faire une comparaison entre la fiscalité actuelle et ce que serait la fiscalité si la taxe au tonnage était adoptée. C'est aussi imaginer quelle serait la perte pour notre pays si les acteurs économiques, qui sont chez nous, décidaient d'aller ailleurs ou si ceux qui voudraient venir chez nous décidaient d'aller ailleurs. Cela, nous n'en savons rien, mais nous avons déjà fait cet exercice en d'autres occasions, notamment lors de la réforme de l'imposition des entreprises. Je dois dire que le résultat de la clairvoyance helvétique a porté ses fruits: il suffit de regarder les résultats. A cela s'ajoute évidemment le fait que garder ces entreprises ici permettra aussi, le cas échéant, d'imposer des conditions en matière de climat, alors qu'évidemment si ces entreprises s'en allaient sous des cieux plus exotiques, nous n'aurions aucune influence sur ce type d'élément.
c'est la raison pour laquelle je vous demande instamment de soutenir la proposition de la minorité et d'entrer en matière.