Kolly Nicolas · Nationalrat · 2024-04-16
Kolly Nicolas · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-04-16
Wortprotokoll
Comme cela a été dit lors du débat général, mais également comme cela ressort du message qui accompagne l'arrêté fédéral sur le programme de la législature 2023 à 2027, un programme de législature doit représenter la planification stratégique du Conseil fédéral et définir les [PAGE 705] points essentiels qui seront traités au cours de la prochaine législature, afin de mettre en place une politique globale et cohérente. Compte tenu de la situation nationale et mondiale en matière climatique, mais aussi en ce qui concerne la protection des ressources naturelles, cette section 5 est particulièrement importante. Or, malgré cette importance, les objectifs 21 à 25 ne sont pas à la hauteur des enjeux.
En effet, on ne pourra traiter sérieusement les enjeux climatiques et de préservation des ressources naturelles de notre pays que si l'on ose empoigner avec le même sérieux la problématique de la croissance démographique presque exponentielle dans notre pays, conséquence d'une certaine immigration incontrôlée que subit la Suisse. Si la croissance démographique avait déjà été importante le siècle passé, le nombre d'habitants passant d'environ 3,5 millions au début des années 1900 à environ 7 millions au début des années 2000, la population est passée à près de 9 millions d'habitants en l'espace de deux décennies seulement. Une croissance démographique de presque 100[NB]000 habitants par année qui provient - je l'ai dit - essentiellement de l'immigration. Plutôt que d'avoir le courage d'affronter cette situation et de reprendre son destin en main, le programme de la législature subit cela et tente de régler les défis que pose cette croissance démographique, sans oser s'en prendre aux racines de ces difficultés.
Notre pays change, notre pays se goudronne et avec cela, la Suisse perd chaque jour un peu de ce qu'elle était. Il n'est pas question ici d'avoir une approche mélancolique ou nostalgique de la Suisse d'antan, mais seulement de dire que la Suisse doit reprendre son destin en main. Il est de notre devoir de ne pas seulement accompagner cette immigration incontrôlée et cette croissance démographique effrénée, mais d'avoir le courage de poser et de répondre à cette question: est-ce cela que nous voulons pour l'avenir de notre pays et pour nos enfants? Ou, afin de préserver la Suisse et donc également ses ressources naturelles, ne devrions-nous pas freiner cette croissance démographique liée à cette immigration? Le groupe UDC est de cet avis et ose l'affirmer. C'est dans cette optique que l'initiative pour la durabilité a été déposée et forcera le Parlement à s'emparer de cette question et demandera respectivement au peuple et aux cantons de l'aborder également.
Les cinq propositions de minorité que je défends maintenant visent justement à changer ce paradigme. Non, nous ne voulons pas d'un programme de législature qui subit la croissance démographique et l'immigration incontrôlée, mais nous voulons un programme de législature qui anticipe le débat nécessaire que nous devrons mener sur cette croissance démographique. Quelle population est acceptable pour nos ressources naturelles? Quelle population pouvons-nous accueillir et intégrer durablement et dignement?
C'est dans cette optique que je vous propose, premièrement, de biffer le chiffre 99bis, à l'article 23, qui concerne l'adoption du rapport sur la politique des agglomérations. Celui-ci vise certes la contribution à un développement territorial cohérent. Personne ne peut être contre cela. Cependant, cet objectif louable s'oppose à la triste réalité. Un accroissement de 100[NB]000 habitants par an ne permet pas un développement territorial cohérent. Le goudronnage massif de notre pays ces 20 dernières années en est la preuve.
Ma seconde proposition de minorité concerne la suppression du chiffre 99septies, qui vise l'adoption d'une stratégie visant à tenir compte des conséquences de l'évolution démographique. Ce chiffre doit également être biffé, pour les mêmes raisons. Nous ne voulons pas tenir compte des conséquences de l'évolution démographique. Nous voulons lutter contre cette évolution démographique, afin de supprimer ses conséquences. Cela relève un peu du bon sens.
Ma troisième proposition de minorité concerne le titre de l'objectif 23. Ce titre n'est pas acceptable, puisqu'y figurent les objectifs internationaux en matière environnementale et climatique. Notre pays est un pays souverain et les objectifs pour atteindre une politique environnementale et climatique efficace doivent être décidés souverainement en Suisse. A cet égard, il y a lieu de rappeler les objectifs antinomiques que nous impose le contexte international, puisque des accords nous imposent une immigration incontrôlée et incontrôlable, alors que d'autres nous imposent une limitation, cette fois compréhensible et justifiée, de notre empreinte environnementale. Nous sommes prêts à travailler pour y parvenir, mais, en parallèle, nous ne devons pas subir cette immigration sans limite. Malgré cette augmentation de la population, les émissions de CO2 sur le territoire suisse ont baissé de 18 pour cent depuis 1990. Dernièrement, ce n'est rien de moins que la Cour européenne des droits de l'homme et quelques juges étrangers - il faut le dire - qui ont tenté de nous dicter notre politique interne.
Ma minorité III, qui a expressément anticipé ces tentatives de pression extérieure, ne veut pas que des obligations nous soient imposées. Nous voulons pouvoir les décider souverainement. Je demande à tous ceux - et ils sont nombreux - qui n'ont pas accepté cette ingérence inappropriée, de soutenir ma proposition de minorité III.
Ma quatrième minorité concerne l'article 24 chiffre 100bis, qui vise une nouvelle révision de la loi sur le CO2 à partir de l'année 2030 déjà, alors que les objectifs sont établis. Les objectifs maintenant fixés, il y a lieu de s'atteler à parvenir à les réaliser, ce qui ne sera pas chose aisée. Au passage, ces objectifs ne seront atteints que si nous arrivons à augmenter massivement notre production d'électricité en Suisse. Le développement réjouissant du renouvelable y contribuera, mais il ne suffira pas. Il est temps de l'accepter et de planifier, dans les meilleurs délais, le remplacement de notre parc de centrales nucléaires, ceci sans dogmatisme.
Enfin, ma cinquième minorité concerne l'article 24 chiffre 103, et l'adoption d'un nouveau plan d'action pour la stratégie Biodiversité Suisse - encore un. A nouveau, sous le couvert de la sacro-sainte biodiversité, on imposera à nos agriculteurs toute une série de mesures limitant la production des denrées alimentaires. Les récentes révoltes paysannes dans nos campagnes ont démontré que cette voie n'est pas la bonne. Obligation d'utiliser le pendillard, obligation de supprimer 3,5 pour cent de production sur les terres arables, obligation d'utiliser le programme Digiflux: n'en jetez plus, la coupe est pleine. L'agriculture suisse a suffisamment subi: toujours plus de contrôles, toujours plus de contraintes. La seule chose qui baisse pour nos paysans, c'est le revenu. Là, on veut encore leur imposer des mesures limitant la production agricole, pourtant nécessaire afin de nourrir cette population toujours plus importante. C'est de l'hypocrisie. On entrave la production en Suisse pour ensuite importer des produits, souvent de moins bonne qualité, avec une empreinte carbone plus importante. C'est absurde.
Je le répète: réglons la problématique de l'immigration et de la croissance démographique, mais laissons nos agriculteurs nourrir notre population comme ils savent le faire, sans leur imposer toujours et encore de nouvelles obligations absurdes sous couvert de stratégies de promotion de la biodiversité.
Au passage, si nous voulons réellement préserver la biodiversité, c'est - au risque de me répéter - au défi de la croissance démographique qu'il faut s'attaquer. Car la biodiversité sera en effet toujours meilleure dans un champ de colza ou de betteraves cultivé que dans une zone agricole transformée en immeuble et bétonnée afin d'accueillir 600[NB]000 habitants qui viennent chaque année s'établir dans notre pays.
Voilà ce que demandait la version du Conseil fédéral. La majorité de la commission, non contente de cela, a rajouté le coup de grâce, puisqu'elle demande expressément dans le programme de la législature le "réexamen des subventions nuisibles à la biodiversité". Rien que cela. C'est oublier que labourer plutôt que laisser un champ en jachère portera de toute façon une certaine atteinte à la biodiversité. En[NB]réalité,[NB]ce[NB]que[NB]veut[NB]sans doute la majorité de la commission, c'est la fin de l'agriculture productrice. Ce que veut la commission, c'est une agriculture des subventions et des petites fleurs.
Tout cela est bien joli, mais ce ne sont pas ces jachères qui nourriront les bientôt dix millions d'habitants de notre pays. Alors, on importera, encore et toujours. On exportera nos atteintes à la biodiversité; on exportera également notre empreinte carbone liée à l'agriculture. On aura bonne conscience, mais tout cela n'aura servi à rien si ce n'est - je [PAGE 706] l'ai dit - à porter le coup de grâce à notre agriculture, déjà trop fragilisée.
Je vous remercie par conséquent également de suivre cette dernière minorité.