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Weber Céline · Nationalrat · 2024-05-29

Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2024-05-29

Wortprotokoll

Je déclare tout d'abord mes intérêts: je suis présidente de la Conférence romande de la formation continue.

Pour le groupe vert'libéral, il a toujours été évident qu'une bonne formation est une base indispensable afin de permettre à chaque individu de participer de manière autonome à la société et à l'économie. La formation est indispensable pour mener une vie digne, et elle permet à tout un chacun d'assumer ses responsabilités et de jouer pleinement son rôle dans la construction sociale et la vie en société. La formation revêt une importance centrale dans une société libérale, dans laquelle on attend des individus qu'ils agissent de manière responsable.

Le paysage de la formation est très riche en Suisse et nous pouvons en être fiers. Notre système de formation professionnelle duale, par exemple, est considéré comme exemplaire bien au-delà de nos frontières. Notre pays dispose également d'un réseau de hautes écoles internationalement reconnues et d'un nombre important d'instituts de recherche d'importance nationale faisant de la Suisse un pays d'innovation dans de nombreux domaines. Enfin, dans un monde où par nature tout évolue, y compris les professions elles-mêmes, ou encore un monde dans lequel de plus en plus de personnes réorientent leur carrière professionnelle au cours de leur vie, par choix ou par obligation, il est également important de ne pas négliger la formation continue, aussi appelée formation tout au long de la vie, qui prend de plus en plus d'importance en Suisse. Et c'est une bonne chose. De nombreuses professions qui existaient hier n'existent plus aujourd'hui, et vice-versa. Or, il est primordial pour tout un chacun de pouvoir rester employable tout au long de sa vie, plutôt que de finir au banc de la société ou à l'aide sociale.

En clair, notre paysage de la formation, de la recherche et de l'innovation est riche et vaste et il doit le rester, car n'oublions jamais qu'en Suisse la principale matière première est la matière grise. Or, investir dans la formation, c'est investir dans l'avenir. Mais qui dit investissement dit également budget et finances. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les finances de la Confédération ne sont pas au beau fixe.

Le message FRI dont nous débattons aujourd'hui a ceci de particulier qu'entre sa mise en consultation et son traitement en commission, que ce soit dans la Commission des finances, mais aussi et surtout dans la Commission de la science, de l'éducation et de la culture, entre ces deux échéances, le Conseil fédéral s'est vu dans l'obligation de réduire les dépenses. Ainsi, l'immense majorité des réponses à la consultation, qui de facto exigeaient une augmentation des moyens financiers, ont dû être partiellement ignorées par les commissions au cours de leurs travaux puisque les moyens à disposition ont été réduits. Bien sûr, ceci est regrettable.

Ceci étant, pour le groupe vert'libéral, la notion de durabilité, qui nous est si chère, se comprend aussi au niveau économique. Or, il ne serait pas responsable de faire comme si de rien n'était et de maintenir l'augmentation de 2 pour cent initialement prévue au moment de la consultation, quitte à laisser des dettes aux suivants. Nous avons donc opté pour une version intermédiaire entre le 1,6 pour cent de croissance proposé par le Conseil fédéral et les 2 pour cent de croissance initialement prévus, mais en restant globalement, c'est vrai, plus proche de la version du Conseil fédéral. En effet, nous consentirons à certaines augmentations qui vont au-delà de celles proposées par le Conseil fédéral, comme dans la formation professionnelle ou la formation continue, mais nous nous engagerons également en faveur de certaines réductions, notamment là où le Conseil fédéral prévoyait la mise en place de nouveaux programmes, comme le programme Swissnex in Switzerland par exemple, qui ne nous semble en rien prioritaire pour le moment.

En outre, nous allons aussi accepter l'augmentation de l'écolage pour les étudiantes et les étudiants étrangers. Nous sommes conscients de briser ici un tabou, mais il faut savoir que l'écolage demandé à ces étudiants resterait très bas en comparaison internationale, même après l'augmentation. Cela nous paraît donc tout à fait acceptable et cohérent en période de difficultés budgétaires.

En conclusion, le groupe vert'libéral accepte bien entendu l'entrée en matière et suivra partout la majorité, ce qui conduit ainsi à une augmentation d'environ 1,7 pour cent contre 1,6 pour cent pour le projet du Conseil fédéral. En revanche, je l'ai dit, nous n'accepterons pas de hausses du budget plus importantes, qui avoisineraient globalement les 2 pour cent, comme c'était initialement prévu au moment de la consultation.

J'aurai l'occasion d'évoquer plus en détail notre position sur les principaux arrêtés lors du débat par blocs. Pour l'instant, je vous remercie de bien vouloir soutenir vous aussi l'entrée en matière sur ce message si important pour la Suisse.