Lexipedia

Nantermod Philippe · Nationalrat · 2024-06-06

Nantermod Philippe · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2024-06-06

Wortprotokoll

Il y a des débats qui n'honorent pas spécialement l'Assemblée fédérale, en particulier le fait de chercher, pendant vingt ans d'atermoiements parlementaires, à réinventer l'eau chaude et à trouver des voies là où finalement le système ne fonctionnait pas si mal. Les volontés populaires de revenir en arrière sur cette question du double nom montrent que chercher à faire compliqué là où l'on peut faire simple n'est pas toujours la meilleure solution. Pour cette raison, le groupe libéral-radical suivra systématiquement les propositions de la majorité de la commission.

D'abord pour les parents: nous voulons permettre aux couples mariés d'avoir le libre choix en matière de nom, tout en sachant que finalement les solutions les plus traditionnelles sont souvent les plus choisies, parce que là où nous voulons inventer des usines à gaz, les citoyens cherchent des options qui soient faciles dans la vie. Je ne reviendrai pas en long et en large sur ces questions: pour nous, les gens sont majeurs, vaccinés et peuvent décider.

Le grand débat porte sur le double nom pour les enfants. De notre point de vue, permettre le double nom pour les enfants n'est rien d'autre qu'une déresponsabilisation des parents et un renvoi de la décision aux enfants, parce que les enfants, un jour ou l'autre, devront eux-mêmes choisir quel nom ils veulent porter. Le double nom, évidemment, ne peut se reporter de génération en génération, au risque d'avoir non pas un double, mais un triple, un quadruple nom. Lorsque vous avez vous-même des enfants, lorsque vous-même vous vous mariez, vous devez renoncer à l'un de vos deux noms. Cela signifie que le choix que vos parents ont refusé de faire, entre le nom de la mère et le nom du père, vous le ferez le jour où vous vous mariez, le jour où vous avez des enfants, et un conflit de loyauté naîtra à ce moment-là. Ce conflit de loyauté peut aussi apparaître de manière très violente lors de la séparation des parents, où vous serez amenés, en tant qu'enfant ou adulte, à choisir le nom du père ou le nom de la mère. Cela ne fera qu'envenimer des situations qui le sont déjà bien assez.

J'ai entendu tout à l'heure parler des difficultés pratiques que l'utilisation d'un nom simple pour les enfants créait, mais l'expérience de la vie a montré le contraire: voilà des décennies, des siècles que les familles ont un nom, et on s'en accommode assez bien. J'aimerais d'ailleurs rappeler que le nom de famille ne dit strictement rien de l'autorité parentale: vous pouvez avoir un enfant qui porte votre nom et ne pas avoir d'autorité parentale, cette autorité parentale peut vous avoir été retirée, et vous pouvez avoir un enfant qui a un nom qui ne correspond pas à celui du parent qui a l'autorité parentale. On ne va pas changer le nom des enfants à chaque fois qu'on change l'autorité parentale, ou d'une semaine à l'autre en fonction de la personne qui a la garde. Non: il y a un nom que l'on garde toute sa vie, comme il y a un prénom que l'on garde toute sa vie. C'est le principe qui vaut, et je pense que la simplicité en général est la meilleure des conseillères que l'on puisse avoir dans ce Parlement.

Pour cette raison, le groupe libéral-radical soutiendra, comme je l'ai dit en introduction, la proposition de la majorité, en espérant que l'on s'épargnera un nouveau débat sur cette question dans les cinq prochaines années, estimant qu'il est grand temps d'arriver à une certaine stabilité en la matière.