Mahaim Raphaël · Nationalrat · 2024-06-11
Mahaim Raphaël · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2024-06-11
Wortprotokoll
Il y a quelques jours dans le cadre de la discussion sur l'initiative pour la responsabilité environnementale des Jeunes Verts, nous avons déjà eu ce débat sur les ressources naturelles et la façon dont nous les utilisons et nous les ménageons, ou nous devrions les ménager, et j'ai utilisé cette métaphore que je réutilise aujourd'hui: je ne comprends toujours pas pourquoi un enfant de 8 ans est capable de saisir que s'il a uniquement 10 francs dans sa tirelire, dans sa crousille, il ne peut pas dépenser plus que ses 10 francs, alors que nous, pays ou Parlement, nous n'arrivons pas à comprendre que si nous dépensons davantage de ressources naturelles que ce que nous avons à disposition, à un moment ou à un autre, nous aurons un problème.
En d'autres termes, la question des ressources limitées est parfaitement comprise par notre Parlement dans un cadre purement économique, mais lorsqu'il s'agit des ressources naturelles "il n'y a plus personne", si vous me passez l'expression. On déploie des processus extraordinairement complexes pour une utilisation économe de nos ressources économiques, ce qui est une bonne chose. Nous avons le budget qui est un immense processus parlementaire que vous connaissez bien, nous avons le frein à l'endettement et j'en passe et des meilleurs, mais lorsqu'il s'agit des ressources naturelles, c'est comme si ces réflexions devenaient subitement sans pertinence, alors que - on le sait - elles le sont tout autant, voire davantage, si on prend en considération les risques immenses que font peser les menaces climatiques et d'effondrement de la biodiversité sur la vie sur terre.
Ce qui est demandé dans cette motion, c'est une mesure simple, qui devrait être une évidence: il s'agit de mesurer la transition écologique en termes de consommation de ressources naturelles et en termes de moyens de remplacer les ressources non renouvelables par des ressources renouvelables. Nous appelons toutes et tous de nos voeux, à quelques exceptions près, cette transition. Nous voulons sortir des énergies fossiles, sortir des énergies qui ancrent nos dépendances envers l'étranger, y compris de l'énergie nucléaire - pour faire suite au débat que nous venons d'avoir - pour aller vers les énergies renouvelables. Il faut savoir à quel rythme cette transition doit être effectuée, par quels moyens, avec quelles mesures. Seul un pilotage complet avec une vision d'ensemble, à l'image de ce que nous pourrions avoir concernant le budget de l'Etat, seule une vision de ce type nous permettra d'atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé.
Dans son avis, le Conseil fédéral dit qu'il pratique déjà une forme de monitoring, c'est parfaitement exact. Ce monitoring est effectué dans le domaine de l'énergie. C'est évidemment une bonne chose, mais il est formulé de façon trop générale, il faut le reconnaître. Ce n'est pas un instrument qui permet de suivre précisément la situation, sur tous les fronts énergétiques. En outre, sur la question énergétique, nous avons depuis dimanche la certitude que les objectifs de transition vers les énergies renouvelables sont beaucoup plus ambitieux que tous ceux que nous avons eus jusqu'à aujourd'hui. C'est une excellente nouvelle, mais alors il faut se donner les moyens de ses ambitions: si l'on veut faire en sorte que ces objectifs qui sont maintenant ancrés dans la loi soient réellement atteints, il faut faire un suivi, il faut mettre en oeuvre des mesures, il faut savoir où en est cette mise en oeuvre par rapport à l'atteinte de ces objectifs.
C'est le premier manque du système de monitoring actuel: il est trop général ou trop incomplet par rapport aux objectifs que nous avons décidés, avec le soutien de la population, d'ancrer dans la loi.
Le second problème est que ce monitoring ne porte que sur le domaine de l'énergie. Nous n'avons pas de monitoring précis des ressources naturelles et de la nécessaire transition, par exemple en matière de biodiversité, en matière de pollution des sols ou, pour reprendre la discussion que nous avons eue la semaine dernière, sur les fameuses limites planétaires qui nous imposent de revoir fondamentalement, en profondeur, certains modes de consommation et de production dans notre pays.
Pour toutes ces raisons, les instruments existants de monitoring sont certes bienvenus, ils permettent un premier pas dans la bonne direction, mais ils sont insuffisants. La motion de notre ancienne collègue Prezioso Batou vise à faire ce travail de monitoring de façon plus complète et plus précise.
Je vous invite à la soutenir.