Cuche Fernand · Nationalrat · 2003-06-03
Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2003-06-03
Wortprotokoll
Est-il encore nécessaire, ou utile, de rappeler que la région dans laquelle se trouvent nos deux, trois, voire quatre - au maximum - officiers supérieurs est une région qui n'a pas encore été sécurisée? Cela veut dire que sur le terrain, la police n'est pas organisée et est inefficace et que nous sommes encore dans une phase où il faut essayer de reconstruire avec une certaine protection. Cette protection est d'autant plus nécessaire que, dans cette région, nous rencontrons des populations qui manquent d'aliments, de médicaments et d'eau. Nous sommes aussi confrontés là-bas au problème du déminage humanitaire.
Pour toutes ces raisons, la majorité de la commission pense qu'il est encore utile aujourd'hui de participer à ce travail de reconstruction de la paix avec quelques officiers. Certes, ils sont armés - et c'est peut-être le point délicat qui a suscité une discussion au sein de la commission -, mais seulement pour leur autoprotection.
Lors du débat en commission, nous avons aussi évoqué le fait qu'il ne faudrait pas se trouver dans la situation où un, deux ou trois pays sans mandat de l'ONU - ce n'est pas le cas en Afghanistan - iraient de l'avant et créeraient des situations extrêmement délicates, tendues et difficiles à sécuriser, comme par exemple avec l'intervention du gouvernement américain en Irak, et qu'on fasse par la suite appel à de la main-d'oeuvre militaire de nombreux pays pour essayer de rétablir un minimum d'organisation. Sur ce point-là, la majorité de la commission a compris que la condition minimale à réaliser, c'est bien sûr un mandat de l'ONU ou de l'OSCE.
En conclusion, la majorité de la commission estime que le travail de la Suisse, de par ses traditions et ses compétences, est d'intervenir essentiellement dans des opérations à but civil et humanitaire, et ce n'est que dans des situations exceptionnelles qu'on fera appel à des militaires.
Au nom de la majorité de la commission, je vous demande d'entrer en matière et d'adhérer au projet du Conseil fédéral.