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Juillard Charles · Ständerat · 2024-09-16

Juillard Charles · Ständerat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2024-09-16

Wortprotokoll

Il est vrai que ces deux motions acceptées par le Conseil national ont été abondamment traitées par la commission, et j'ai été vraiment surpris du score stalinien que la commission a réservé à ces deux motions. Pour ma part, je vous invite à les soutenir pour deux raisons fondamentales, à savoir celle du bien-être animal et du maintien des structures de marché décentralisées, mais également pour éviter la monopolisation du marché de l'abattage.

D'abord - vous me direz que cela devient presque une habitude, j'aimerais d'ailleurs bien que cela change -, les 650 abattoirs autorisés mentionnés dans l'avis du Conseil fédéral ne correspondent de loin pas à la réalité du terrain, notamment en ce qui concerne de véritables structures d'abattage. Une place où l'on tue de temps en temps une bête doit-elle encore être considérée comme une place d'abattage? Ces dernières disparaissent les unes après les autres pour différentes raisons; des raisons économiques que l'on peut comprendre, mais également des raisons de normes très élevées [PAGE 787] que l'on fixe et qui ne permettent plus à ces structures de rester ouvertes. Il n'est donc pas juste de prétendre qu'il y a encore 650 abattoirs autorisés en Suisse. Combien en reste-t-il? On ne le sait pas exactement. Du côté de l'administration fédérale, on nous dit que le recensement est en cours.

Il serait très important de maintenir quand même des structures d'abattage décentralisées. J'essaierai de vous convaincre en vous expliquant pourquoi. Il faut savoir qu'aujourd'hui déjà 80 pour cent des animaux abattus dans notre pays le sont dans de grands abattoirs; des grands distributeurs du plateau suisse. Cette concentration ne doit pas seulement être considérée comme délicate en raison des conditions de marché, mais elle rend également le système vulnérable en cas de panne, de perturbation ou de problème, notamment sanitaire, dans les abattoirs. La garantie de capacité d'abattage viable en Suisse n'est possible qu'au moyen de structures et de marchés décentralisés et concurrentiels.

Il est évident qu'à force de centraliser les lieux d'abattage, on multiplie les transports; le camion cherche le bétail à la ferme, l'amène à l'abattage et, ensuite, le camion réfrigéré amène la viande, lors du retour chez les bouchers ou chez les détaillants. A un moment où l'on essaie de promouvoir les circuits courts et de lutter contre les voyages inutiles en véhicule sur nos routes, c'est une raison qu'il faut aussi prendre en compte. Il y a également la problématique de la création de valeur dans les régions de montagne, avec également la promotion de l'abattage à la ferme ou au pâturage. Ces abattoirs régionaux sont importants dans le cadre de la production de produits régionaux et pour la création de valeur dans les régions rurales, avec le maintien de postes de travail. De même, ils sont une condition préalable à l'abattage à la ferme et dans les pâturages.

Aussi, pourquoi faudrait-il un soutien de la Confédération? Le rapporteur de la commission a dit que les cantons peuvent déjà le faire. C'est vrai, mais qui fixe les règles d'abattage, la durée des transports et les normes en matière de locaux qu'il faut respecter pour ces lieux d'abattage? C'est la Confédération. Il me paraîtrait tout à fait indiqué que qui commande paie et que, dans ce cadre, la Confédération s'engage également à soutenir des structures décentralisées. Il ne s'agit pas, pour moi, de défendre des lieux d'abattage pour une bête par semaine, mais bel et bien des structures régionales qui permettent également de fournir de la viande de bonne qualité en tant que produit régional, et ainsi de défendre les circuits courts.

J'aimerais encore vous dire que ces deux motions sont soutenues par l'association Marchés équitables Suisse ainsi que par l'Union suisse des paysans et le Groupement suisse pour les régions de montagne. Le résultat au Conseil national, à savoir l'acceptation par 158 voix contre 15 et 9 abstentions, vous a été indiqué par le rapporteur de la commission.

Je vous invite à soutenir ces deux motions.