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Cuche Fernand · Nationalrat · 2003-06-04

Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2003-06-04

Wortprotokoll

Je sais que nous sommes fatigués après cette longue journée. J'ai déjà eu l'occasion de faire un certain nombre de commentaires sur les bergers et les bergères en intervenant au sujet du loup. Ici, le postulat que j'ai déposé fait quand même une approche un peu plus générale et globale de la situation.

Le premier objectif de mon postulat est la sauvegarde, le maintien et l'entretien à tout prix de tout ce qui a été investi dans les régions de montagne, dans les alpages, parce que ce sont des centaines de millions de francs qui ont été investis ces dernières années, que c'est un patrimoine qui est menacé par l'exode rural, par le manque d'animaux, par le manque de présence humaine dans les régions de [PAGE 857] montagne. Il y a aussi, dans le cadre de la durabilité, la nécessité de maintenir des paysans, des bergers bien formés - des bergères aussi, Monsieur Eggly -, bien préparés à maintenir et à entretenir la biodiversité.

Un autre objectif de mon postulat est d'essayer en tout cas de maintenir, voire de développer, les emplois dans les régions de montagne. Et, contrairement à ce qu'affirme le Conseil fédéral dans sa réponse où il dit que les surfaces où les moutons ou les bovins ne broutent plus sont occupées par d'autres animaux, l'Office fédéral du développement territorial, relayé par l'Office fédéral de la statistique, nous révèle que chaque seconde, c'est 0,3 mètre carré de terres qui disparaît dans les régions de montagne, des terres qui sont reconquises par la forêt. Ce que déclare le Conseil fédéral est donc faux.

Où je peux tomber d'accord avec le Conseil fédéral, c'est lorsqu'il dit que si nous voulons considérer les bergers comme des partenaires professionnels auxquels la Confédération va octroyer une rémunération directe, comme elle le fait pour les paysannes et les paysans, il faudra définir, pour éviter des abus, un salaire, une rémunération minimum pour ces collaborateurs. En ce sens, je suis d'accord avec le Conseil fédéral. Le Conseil fédéral dit qu'il faut examiner la question de la formation parce que, si on veut que les bergers et les bergères bénéficient des paiements directs, il faut bien qu'ils aient suivi une formation. Ce n'est pas dans la loi sur l'agriculture qu'il faut traiter cet aspect, mais le conseiller fédéral responsable saura trouver l'endroit où il faudra intégrer ce bloc de formation à l'intention des gens qui travaillent à la montagne.

Pour toutes ces raisons et notamment aussi pour les raisons alléguées lundi après-midi au sujet de la présence du loup en Suisse, si des gens bien formés et préparés à faire coexister les animaux domestiques et les prédateurs sauvages vivent dans la montagne, le montant total des indemnités diminuera. Notre collègue Brunner Toni a parlé d'une somme de 10 millions de francs par année: ces 10 millions seraient bien investis s'ils servaient à garantir une occupation des territoires de montagne par des professionnels.

Je pense et je suis persuadé que je vous ai convaincus, sauf peut-être le Conseil fédéral, et je me réjouis de vous voir accepter tout à l'heure massivement ce postulat.