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Maret Marianne · Ständerat · 2024-09-23

Maret Marianne · Ständerat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2024-09-23

Wortprotokoll

Je prends la parole au nom de la minorité qui vous invite à soutenir cette motion. Le constat soulevé par la motion est implacable et bien connu, c'est celui du manque de médecins formés en Suisse. Selon la dernière statistique médicale de la FMH, sur les près de 41[NB]000 médecins qui exerçaient en Suisse en 2023, 40,4 pour cent ont accompli leurs études à l'étranger, soit un taux en augmentation de près de 1 pour cent par rapport à 2022. Cette très forte dépendance vis-à-vis de l'étranger démontre que le nombre de médecins formés en Suisse ne permet pas de couvrir les besoins de notre système sanitaire. Il est dès lors urgent de créer des places de formation pré et postgraduées supplémentaires ainsi que d'assurer des conditions de travail adaptées.

Le Conseil fédéral reconnaît d'ailleurs ce constat et rappelle que les efforts entrepris ces dernières années devraient permettre de délivrer plus de 1300 diplômes de master en 2025. Cette légère augmentation est certes réjouissante, mais, comme l'âge moyen des médecins est élevé, elle ne suffira clairement pas à pallier la pénurie annoncée, ce d'autant moins que de nombreux diplômés ne veulent plus travailler à plein temps. En outre, notre population vieillit, ce qui accroît encore les besoins. Notre pays doit donc assumer sa part de responsabilité sur le plan de la formation.

Les hautes écoles universitaires limitent de leur propre chef l'accès aux études de médecine. En 2023, les 2200 places disponibles pour la première année d'études de bachelor en médecine étaient confrontées à plus de 6000 candidatures. Certes, la sélection des étudiants relève de la compétence des cantons responsables des hautes écoles et la qualité de la formation doit être assurée. Il n'est toutefois plus acceptable que la Confédération et les cantons se renvoient la balle en discutant de nouveaux modèles qui n'ont, à ce jour, pas encore abouti. Il est maintenant temps de donner un signal clair pour agir dans le domaine de la formation des médecins en Suisse.

A ce titre, je tiens à relever que le texte de la motion ne se limite pas au numerus clausus. Il ne concerne d'ailleurs pas que la formation médicale universitaire puisqu'il mentionne également la formation postgrade. Le manque de places de stage constitue le principal goulot d'étranglement dans ce domaine. Le but principal de la motion est donc de veiller "à ce qu'il y ait une meilleure offre de places d'études et de stages cliniques, en particulier dans les soins de base et dans le domaine ambulatoire." En fait, l'auteur de la motion ne demande rien qui devrait être considéré comme exagéré. S'assurer que l'admission des étudiants repose principalement sur des critères de compétence et de qualité en période de pénurie de médecins semble être une question de bon sens.

Bien sûr, pour atteindre ce but, il faut s'en donner les moyens. A ce sujet, je ne peux m'empêcher de relever que le Conseil fédéral, dans son avis, indique que les tests d'aptitude utilisés par plusieurs hautes écoles ont été considérés comme rentables. Mais est-ce réellement une stratégie rentable pour notre système de santé que d'autant limiter l'accès aux études médicales? La population attend des mesures fortes et visibles pour lutter contre la pénurie de médecins et de tels arguments financiers sont relativement inaudibles dans ce contexte.

En conclusion, compte tenu de la grande pénurie dans certains domaines comme la médecine de famille et la pédiatrie, en particulier dans certaines régions du pays, il est temps d'agir. Se demander si la sélection actuelle est pertinente ne devrait pas être un tabou, même si d'autres pistes d'amélioration doivent aussi être étudiées pour assurer une adéquation entre les compétences des jeunes médecins, les exigences de notre système de santé et le nombre de médecins formés. Il y a nécessité d'agir. Pour preuve, le nombre d'associations qui nous ont écrit des courriers, la FMH, les chirurgiens, les dermatologues, les pédiatres, les médecins de famille et j'en oublie certainement. Il faut également rappeler que les objectifs de formation sont définis par la Confédération. De plus, l'auteur de la motion demande au Conseil fédéral une approche concertée avec les cantons.

C'est pourquoi je vous invite vraiment à adopter la motion.