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Hurni Baptiste · Ständerat · 2024-12-09

Hurni Baptiste · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-12-09

Wortprotokoll

Vu la manière dont M. Rieder a compris mon discours, je me sens obligé de lui répondre très brièvement en lui disant que ses propos tournent un peu au procès d'intention. Je vous dirai, Monsieur Rieder, que je n'ai rien, que ce soit dit, contre un mécanisme de frein à l'endettement ou de frein aux dépenses. Je l'ai d'ailleurs soutenu dans mon canton quand il a été introduit. C'est assez logique: quand on est de gauche, on cherche à avoir un Etat fort, ce qui est quand même assez difficile quand l'Etat est un panier percé.

Cela étant dit, Monsieur Rieder, je vous répondrai aussi que ce qui nous importe concernant un frein à l'endettement ou aux dépenses, c'est qu'il permette l'investissement. Aujourd'hui, il nous retient dans l'investissement. D'ailleurs, le fait d'avoir un frein aux dépenses ou à l'endettement n'empêche pas les débats budgétaires extrêmement compliqués, puisque contrairement à ce que vous m'avez dit, l'Allemagne a un mécanisme de frein à l'endettement et aux[NB]dépenses.[NB]Ce[NB]dernier a été affaibli, mais elle en a tout de même un.

Je ne cède quand même pas au bonheur de pouvoir vous demander qui se préoccupe vraiment des finances publiques. Est-ce la majorité qui veut dépenser 4 milliards de francs de plus pour l'armée ou est-ce la minorité qui vous dit qu'il ne faut peut-être pas aller trop loin dans les coupes effectuées dans d'autres domaines? C'est quand même la question fondamentale. Si on veut avoir des finances saines dans ce pays, peut-être ne faudrait-il pas augmenter les dépenses de l'armée de 4 milliards aussi rapidement. Je le répète: je ne fais pas partie de ceux qui disent qu'il ne faut pas[NB]les[NB]augmenter[NB]du[NB]tout, mais c'est la rapidité avec laquelle on veut procéder à cette augmentation que je remets en cause.

Vous m'avez demandé, Monsieur Rieder, si je souhaitais que nous nous retrouvions dans la même situation qu'en France. Je vous réponds très clairement que non; j'espère que la situation en Suisse ne sera jamais la même qu'en France. Mais ça me ferait particulièrement mal si elle le devenait, parce qu'on a acheté des tanks, des avions et des obusiers. [PAGE 1103]