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AB 350971

Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2024-12-18

Wortprotokoll

Le groupe des Verts soutient non seulement les plafonds de dépenses de 14 milliards de francs en faveur de l'agriculture suisse pour les années 2026 à 2029, mais en plus, le fait que les crédits soient validés sans révision de la politique agricole jusqu'à la PA 2030 et plus. C'est clairement un effort, car la politique agricole doit viser à ajuster les mesures, chercher à les simplifier, tout en s'assurant qu'elles soient les plus efficaces possible. Mettons donc ces années à profit, jusqu'en 2030 et plus, pour prendre en compte toute la chaîne de valeur, de la fourche à la fourchette, et impliquer aussi les consommateurs et l'industrie agroalimentaire. La politique agricole ne concernera ainsi plus seulement les paysans, et c'est logique ainsi.

Les Verts ne veulent pas, contrairement à la majorité du gouvernement, économiser sur le dos des exploitations agricoles. Mais nous tenons en revanche à ce que l'argent du contribuable soit correctement investi, car le soutien étatique est élevé. Et il l'est d'autant plus au regard des autres politiques publiques économiques. Les Verts font ainsi une distinction entre l'argent qui va directement aux familles paysannes et celui qui va à la formation, à la transformation, à la publicité ou à d'autres secteurs.

Nous soutenons aussi majoritairement l'augmentation des améliorations structurelles et nous soutenons aussi le même montant de paiement direct, soit le même montant que pour les années précédentes, même si la surface agricole utile diminue. Quant au crédit pour la base de production et la promotion des ventes, des modifications devront clairement être faites à l'avenir au sein même du crédit octroyé, afin de ne pas se tromper de bénéficiaire.

Je profite encore de ce débat pour tordre le cou définitivement à des mythes propagés sous cette coupole par certains lobbys agricoles ou par le groupe UDC à l'aide de simplifications médiatiques. Ces messages sont relayés à tort dans le monde paysan, reléguant trop souvent les Verts à une force d'opposition dans ce dossier. Or, rien n'est plus faux. Nous sommes une force constructive, puisque nous soutenons beaucoup l'agriculteur suisse. Je citerai quelques exemples: premièrement, les protections douanières permettant de privilégier le marché suisse face aux importations de produits agricoles; deuxièmement, notre vigilance critique envers les accords de libre-échange; troisièmement, l'étiquetage de la provenance et de la qualité, ce qui représente un avantage concurrentiel pour les produits suisses; quatrièmement, notre soutien aux crédits financiers et aux paiements directs, comme aujourd'hui ou dans le cadre du budget; cinquièmement, un autre sujet capital pour lequel les Verts sont un soutien, la protection des terres agricoles; sixièmement, et je finirai ici, l'initiative parlementaire à laquelle notre conseil a donné suite hier, sans opposition, pour un observatoire des prix et des marges.

Les Verts sont donc actifs aussi autour du revenu des familles paysannes, parce que le marché doit être rémunérateur et qu'il est beaucoup plus valorisant de vendre ses produits pour gagner sa vie. Le revenu agricole a certes augmenté, je vous recommande à ce sujet le rapport en réponse au postulat Bulliard 21.4585, mais il est réparti de façon inéquitable. Lisez vraiment ce rapport! Cela réduira un peu le folklore et l'instrumentalisation qu'on observe trop souvent ici dans ce dossier.

Les Verts soutiennent ainsi les moyens financiers substantiels accordés chaque année à l'agriculture suisse, car nous cherchons à assurer la pérennité du métier autant sur le plan des revenus que de la santé des sols ou de la préservation de la biodiversité, qui est nécessaire à la production. C'est la mise en oeuvre de l'article 104 de la Constitution, qui allie durabilité environnementale, économique et sociale, que nous visons. Au-delà des soubresauts sur des dossiers mineurs qui ont été montés en épingle dans le public, notre ligne a toujours été, année après année, la pérennité économique et écologique de l'agriculture suisse.