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Dandrès Christian · Nationalrat · 2025-03-06

Dandrès Christian · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-03-06

Wortprotokoll

J'annonce tout d'abord mon lien d'intérêts: je suis le président du Syndicat des services publics. Le projet, tel qu'il est sorti de commission, ne va pas. Je crois qu'on doit rappeler ici quelques éléments essentiels, à savoir - en particulier en lien avec les licenciements - que protéger les agents de l'Etat, c'est une question de respect minimum. Est-ce que c'est vraiment trop demander, avant de licencier une personne, de disposer d'un objectif suffisant pour le faire? Quel est l'intérêt public, sincèrement, de donner la possibilité de garantir le droit de licencier pour un motif futile? Quelle est la conception des rapports de travail sous-jacente à cette modification? Ça ne va pas.

J'aimerais également relever un autre point: assurer une protection suffisante aux personnes qui travaillent au sein de l'Etat, c'est surtout une question d'Etat de droit et une question de démocratie, parce que les fonctionnaires ont des prérogatives importantes. Ils exercent une part de la puissance publique, doivent mettre en oeuvre des politiques et faire respecter la loi. Or, si le fonctionnaire accomplit correctement son travail, c'est certain qu'il se heurtera potentiellement à des intérêts, notamment économiques, de grandes puissances. On en a parlé hier. Qu'est-ce qui se passe lorsque vous avez un salarié de Swissmedic qui examine l'autorisation de mise sur le marché d'un médicament qui a coûté une fortune à des grandes entreprises pharmaceutiques? Est-ce que vous pensez que cette dernière lui dira: "Non, pas de problème, j'abandonne les quelques centaines de millions de francs"? Evidemment que ça ne va pas se passer comme ça. Il y aura des pressions énormes sur la tête de ces personnes, et ces pressions sont autant d'aspects qui peuvent nuire aux citoyennes et aux citoyens. C'est la même chose pour la Finma. Il faut donc être certain, pour ces fonctionnaires, que, en faisant respecter la loi et les politiques dictées par ce Parlement, la personne ne risque pas sa place de travail. Ça, c'est le minimum.

C'est pour ça que cette loi, telle qu'elle est sortie de commission, on ne peut pas l'accepter.