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Hurni Baptiste · Ständerat · 2025-03-11

Hurni Baptiste · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-03-11

Wortprotokoll

Aujourd'hui, nous avons adopté une motion Vara sur les poissons, ce qui est une excellente nouvelle pour nos lacs, pour nos cours d'eau et pour retrouver une quantité et une qualité de pêche à l'avenir qui puisse être suffisante pour en vivre. C'est une excellente nouvelle, dont je me réjouis, mais il y a l'autre face de la médaille: la situation actuelle des pêcheurs professionnels en Suisse. Tous les rapports le montrent: les pêcheurs professionnels sont en train de disparaître en Suisse, notamment pour des questions socio-économiques, parce que le fruit de leur travail, qui est un travail extrêmement difficile, ne leur permet pas de survivre ou en tout cas le leur permet de moins en moins.

Si je faisais une caricature, je dirais qu'aujourd'hui, nous avons peut-être pris les premières décisions pour que nos enfants voient des poissons dans les lacs, mais que nous peinons à faire en sorte qu'il y ait des gens pour pêcher ces poissons. Le problème est que, entre aujourd'hui, le moment où nous prenons des décisions et le moment où la branche ira mieux, il y a un véritable risque de perte d'un savoir-faire ancestral.

Pourquoi semble-t-il pertinent de soutenir les pêcheurs professionnels en Suisse? Il y a plusieurs raisons, outre le fait que c'est un magnifique métier. Cela a été rappelé dans le débat de ce matin: le pêcheur joue un rôle public, c'est la sentinelle du lac, c'est celui ou celle qui en premier voit les problèmes qu'un lac peut avoir, c'est le premier qui les relaye. Il y a évidemment aussi un argument environnemental évident: les normes qui régissent la pêche en Suisse ne sont pas les mêmes que dans les lacs d'Europe de l'Est par exemple. Par rapport à la distance entre la nourriture et le consommateur, il y a évidemment aussi un avantage énorme. Vous avez aussi un argument culturel et gastronomique. Monsieur [PAGE 187] le conseiller fédéral, je serais extrêmement heureux, si vous venez un jour à Neuchâtel, de pouvoir vous inviter à manger des filets de perche. C'est un des plus beaux plats qui soient, mais ce qui est triste, c'est que même dans mon canton - et c'est le cas partout où il y a un lac -, ces filets de perche viennent de moins en moins souvent de Suisse, et de plus en plus souvent du lac Balaton.

J'ai bien compris que le Conseil fédéral n'avait pas envie d'agir pour la situation socio-économique des pêcheurs. Il renvoie la balle aux cantons. Quand j'étais député au Grand Conseil - cela commence à dater un peu -, j'ai interpellé mon Conseil d'Etat qui m'a dit que c'était à la Confédération d'agir, ce qui signifie qu'on est un peu dans un cercle vicieux. Je ne sais pas si c'est un problème de volonté ou si c'est un problème de bases légales, mais, dans tous les cas, ce thème ne doit pas être oublié. Il en va - je le répète - d'un métier assez essentiel pour la culture de notre pays. J'espère véritablement que le Conseil fédéral pourra une fois faire quelque chose pour les pêcheurs de notre pays, parce que, sinon, on risque de perdre une profession qui est magnifique.