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Parmelin Guy · Bundesrat · 2025-03-12

Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2025-03-12

Wortprotokoll

Tout d'abord, j'aimerais sincèrement remercier votre conseil pour l'accueil très positif et les compliments faits au rapport et celles et ceux qui ont participé à la rédaction de ce rapport. C'est toujours extrêmement gratifiant pour les collaboratrices et les collaborateurs qui ont oeuvré non seulement pour le rapport, mais aussi pour la stratégie de politique économique. Ceci dit, cette année encore, nous avons centré le rapport sur les principales questions et évolutions de la politique économique extérieure, et nous l'avons formulé de la manière la plus concise possible.[NB]Comme[NB]vous l'avez compris - cela est évoqué plusieurs fois -, c'est une photographie de l'année 2024.

L'année 2025, cela a été dit par certains d'entre vous, sera certainement plus turbulente, et le rapport sera plus difficile à rédiger et nécessitera certainement des approfondissements. Vous le savez, la situation économique mondiale se trouve toujours en pleine mutation, les guerres et les conflits ont entraîné une incertitude croissante dans les relations économiques et commerciales mondiales. Dans ce rapport, nous observons comment les grandes puissances économiques - Union européenne, Etats-Unis et Chine - adaptent leur stratégie en matière de politique économique extérieure. L'accent est mis sur la réorganisation de certaines chaînes de valeur critiques, ainsi que sur des initiatives de politique industrielle qui sont concentrées sur les technologies de pointe et, plus récemment, on l'a vu, aussi sur l'industrie automobile. Ces tendances mettent en évidence un élément fondamental: la confiance dans la division internationale du travail, qui a été pendant des décennies l'un des piliers du commerce mondial, a sensiblement diminué. De nombreux pays misent aujourd'hui davantage sur ce qu'ils considèrent comme la sécurité économique, et cela souvent au détriment de l'ouverture des marchés.

Bien que notre rapport, par nature, se concentre essentiellement sur la rétrospective de l'année 2024, nous devons nous attendre - plusieurs d'entre vous l'ont évoqué à la tribune - à ce que les développements principaux nous occupent très largement durant l'année qui a commencé. Quels sont les défis pour notre pays? Les diverses interventions étatiques à l'étranger affectent considérablement l'efficacité économique. En particulier, les initiatives de politique industrielle augmentent considérablement les risques de distorsion de la concurrence mondiale et augmentent le protectionnisme de façon significative. Pour notre pays, pour la Suisse, ces développements représentent des défis considérables. En tant que petit pays avec un marché de taille moyenne, notre économie est fortement intégrée dans le marché mondial et, inévitablement, elle dépend du commerce international, comme elle dépend de son intégration dans les chaînes de valeur internationales. Vu cette évolution que l'on constate sur le plan mondial et des caractéristiques spécifiques de notre pays, la question que l'on doit se poser est la suivante: comment la Suisse devrait-elle réagir face à ces développements?

Premièrement, nous voulons créer et continuer à créer des conditions-cadres qui favorisent à la fois la stabilité et le dynamisme de la place économique suisse, ceci dans son ensemble. Ce sont des qualités qui sont particulièrement décisives en période d'incertitude mondiale. Notre pays ne se contente pas seulement de réagir, notre pays anticipe et promeut de manière ciblée la place économique suisse. Voici quelques mesures qui le prouvent. Au lieu de mener une politique industrielle dite verticale, nous misons sur les atouts de notre place économique et nous améliorons systématiquement ses conditions-cadres, ceci pour toutes les entreprises sans distinction. Le Conseil fédéral analyse régulièrement l'influence des politiques économiques développées à l'étranger sur l'économie suisse. Le rapport de situation 2024 sur l'économie suisse a montré que les effets positifs et négatifs des subventions accordées dans le cadre d'initiatives de politique industrielle à l'étranger devraient plus ou moins s'équilibrer au niveau macroéconomique. Ainsi, la Suisse maintient son approche de politique industrielle dite horizontale par le biais de programmes de promotion économique. Le Conseil fédéral aide aussi les entreprises, à titre subsidiaire, à réagir aux dépendances commerciales potentielles. L'approvisionnement économique du pays et la stratégie de protection des infrastructures critiques sont des éléments importants à cet égard. La diversification des chaînes d'approvisionnement est aussi un autre domaine important. Par exemple, l'année sous revue avait commencé avec l'entrée en vigueur - cela a été rappelé - du démantèlement des droits de douane sur les produits industriels, une mesure qui contribue à la diversification des chaînes d'approvisionnement.

Un autre élément clé de cette politique est le développement du réseau d'accords de libre-échange. En 2024, avec les pays de l'AELE, la Suisse a pu conclure et moderniser un nombre impressionnant de cinq accords de libre-échange. On peut considérer cette performance, sans vantardise, comme remarquable dans le contexte international particulièrement difficile. Je signale tout particulièrement l'accord avec l'Inde, que vous allez traiter jeudi de la semaine prochaine, qui offre des avantages importants.

Par ailleurs, comme cela a aussi été rappelé par un certain nombre d'entre vous, la conclusion matérielle des négociations avec l'UE, qui reste le principal partenaire commercial [PAGE 293] de la Suisse, marque une étape importante dans la stabilisation et dans le développement de nos relations bilatérales avec l'UE. Dans un contexte d'instabilité géopolitique, de bonnes relations avec nos voisins restent une nécessité stratégique.

Les crises de ces dernières années mettent également en évidence la robustesse de la politique économique extérieure de la Suisse. Tant lors de la crise du COVID-19 qu'à la suite de la guerre d'agression russe en Ukraine, l'économie suisse a fait preuve d'une résilience remarquable si on la compare à l'échelle internationale. Cela montre que la création et le maintien de conditions-cadres propices pour tous les secteurs ont fait leurs preuves et que c'est sur ce plan que nous devons investir nos ressources.

Gardons toujours une chose en tête: face à la volatilité et à l'imprévisibilité de l'environnement international, il reste primordial de permettre aux entreprises suisses de réagir rapidement, avec souplesse et flexibilité, aux changements survenant sur les marchés mondiaux. C'est cet objectif qui doit toujours nous guider, tant dans la politique économique extérieure que dans la politique économique de manière générale. Au vu de l'évolution actuelle que nous constatons, cette agilité de nos entreprises et de notre économie gagnera certainement encore en importance, constituant ainsi un atout clé de notre place économique dans la concurrence internationale.

Vu cette instabilité ambiante, très clairement, on peut d'ores et déjà pronostiquer comme certains d'entre vous l'ont fait - M.[NB]le conseiller national Walder et Mme la conseillère nationale Gredig - que le rapport de politique économique extérieure 2025 donnera non seulement des maux de tête à ceux qui le rédigeront, mais surtout donnera matière à des analyses approfondies et à des discussions certainement[NB]animées[NB]en[NB]fonction de l'évolution que nous constaterons durant l'année qui a maintenant débuté depuis bientôt trois mois.

En ce sens, j'aimerais aussi remercier M.[NB]le conseiller national Simon Michel de son soutien pour notre politique économique, mais surtout de ses encouragements pour le futur, parce que nous en aurons certainement besoin. Je pressens que nous aurons quelques turbulences à passer. Pour le Conseil fédéral, avoir le soutien du Parlement est non négligeable, quand il doit discuter avec des partenaires internationaux.

C'est sur ces considérations que je souhaite conclure mon intervention, après avoir précisé que nous vous soumettons également, comme chaque année, le rapport sur les mesures tarifaires, et nous vous demandons donc d'approuver les mesures qu'il contient.