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Amaudruz Céline · Nationalrat · 2025-03-12

Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-03-12

Wortprotokoll

Cette initiative, je pensais vous la présenter en septembre dernier, puis j'aurais dû la présenter en décembre, mais nous voilà aujourd'hui pour en parler. Et pourtant, le problème reste d'actualité. Chaque année, à la fin septembre, un frisson d'inquiétude traverse la population suisse. Ce n'est pas une surprise, c'est presque devenu une fatalité. L'annonce de l'augmentation des primes d'assurance-maladie est imminente. La question n'est plus de savoir si elles vont augmenter, mais de combien. Et une fois de plus, c'est la même rengaine qui se répète. Une série noire qui semble sans fin, où chaque rentrée scolaire apporte avec elle une nouvelle facture plus salée, laissant nos concitoyens désemparés et impuissants.

Mais cette population compte sur nous. Oui, nous, élus du peuple. Et pourtant, dans ce domaine crucial, celui de la santé, il faut se l'avouer: nous échouons. Année après année, nous accumulons des promesses, des demi-mesures, des réformes avortées. Où sont les solutions? Où sont les remèdes que nos citoyens attendent désespérément? Dans bien d'autres domaines, nous parvenons à trouver des compromis. Nous savons discuter, négocier, trouver des terrains d'entente. Droite, gauche; nous savons faire des concessions quand il s'agit du bien commun. Mais, dans le domaine de la santé, il faut quand même avouer, surtout au niveau des primes d'assurance, que c'est un véritable échec collectif. La hausse continue des primes d'assurance-maladie est en train d'étrangler nos familles et nos ménages. Chaque année, cette pression devient de plus en plus insoutenable. Et pourtant, rien ne change.

Voilà pourquoi il est impératif que tous les acteurs de la santé réagissent immédiatement. C'est dans cet esprit que je soumets aujourd'hui mon initiative parlementaire visant à établir un moratoire sur l'augmentation des primes; une solution absolument pas révolutionnaire, une solution transitoire, une solution nécessaire. Cette proposition a fait surface à maintes [PAGE 297] reprises au cours des 20 dernières années, aussi bien à gauche qu'à droite. Pourquoi ce débat revient-il encore et encore? Pourquoi cette question ne cesse-t-elle pas de nous hanter? La réponse est limpide. Premièrement, toutes les tentatives de réformes soumises à la population, aussi ambitieuses soient-elles, sont systématiquement rejetées. Secondement, mon initiative vise enfin une mesure concrète qui force ces acteurs à sortir de leur immobilisme. Elle contraint tout le monde à se mettre au travail, à trouver de vraies solutions et, surtout, à accepter des compromis plutôt que de camper sur des positions idéologiques et stériles.

La situation actuelle est devenue intenable. La hausse des primes d'assurance-maladie s'accélère à un rythme effréné, et ce sont nous, élus, qui avons le devoir d'agir et d'agir vite. Tous les acteurs doivent prendre leurs responsabilités - je l'ai dit. Il y a les cantons, les assureurs-prestateurs de soins, les médecins et les hôpitaux. Cependant, soyons honnêtes, si les primes continuent d'augmenter, tout le monde devra faire des sacrifices. Avec ce moratoire, en gelant temporairement les primes au niveau actuel, nous mettrons un frein à cette spirale perverse. Les acteurs du système devront comprendre qu'ils ne peuvent plus simplement transférer la facture aux assurés. Soyons clairs, ce moratoire n'est pas une solution définitive, mais il marquera peut-être un[NB]tournant.[NB]Les[NB]coûts[NB]devront être maîtrisés; chacun à la hauteur de ses responsabilités. Il est temps de prendre conscience de l'urgence et d'attaquer enfin les vraies causes de cette dérive.

Je m'adresse tout particulièrement à mes amis et collègues du groupe du Centre et de la droite de cet hémicycle. Permettez-moi de vous parler franchement, avec toute l'émotion que suscite la gravité de la situation dans le domaine des assurances sociales et de la santé. Oui, il est essentiel, vital même, que nous préservions nos trois piliers. C'est un socle de stabilité, un gage de sécurité pour chaque citoyen. Mais ce n'est pas tout. Nous devons aussi, et je le dis avec force, éviter à tout prix la caisse unique, et je vous le dis avec tout le sérieux que ce sujet impose, si nous ne réagissons pas maintenant, si nous ne forçons pas les acteurs du système à s'assoir autour de la table pour trouver des solutions réelles et courageuses, nous n'aurons que nos yeux pour pleurer. Croyez-moi, ce jour-là, il sera trop tard pour regretter notre inaction.