Weber Céline · Nationalrat · 2025-06-02
Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2025-06-02
Wortprotokoll
Baisser le montant de la redevance de 335 à 200 francs et supprimer la redevance payée par les entreprises, voilà qui paraît attractif à première vue. D'ailleurs, l'initiative met le doigt sur des problèmes que le groupe Vert'libéral a aussi déjà eu l'occasion de relever par rapport à cette redevance. En effet, le fait que des entreprises doivent payer une redevance alors que nous payons déjà toutes et tous une redevance à titre privé est une injustice. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une double imposition, qui n'a pas de justification valable. Il est également incompréhensible qu'un ou une jeune qui quitte le domicile familial pour faire une formation, apprentissage ou études, doive s'acquitter du montant de la redevance, alors que cette même personne pourrait en faire l'économie si elle restait chez ses parents le temps de sa formation. Oui, la redevance telle qu'elle est perçue aujourd'hui pose des problèmes. C'est indéniable.
Quant à la programmation de la SSR, autre point qui semble déranger les initiants, le groupe Vert'libéral est sensible à un juste équilibre entre les interventions et propositions qui viennent de la droite, de la gauche ou du bloc centriste. Nous accordons également une grande importance à l'équilibre de la place donnée aux grands et petits partis nationaux. Et je vous l'accorde, nous ne sommes pas toujours satisfaits. Car oui, comme toute entreprise, la SSR est effectivement perfectible. Mais ce genre de problème se règle par le dialogue, non par une initiative massue ou un contre-projet.
À l'heure des fake news, des réseaux sociaux, de l'intelligence artificielle ou encore du regroupement de certains grands groupes de presse en Suisse alémanique, ne laissant aux Romands que des miettes, le groupe Vert'libéral considère qu'il est fondamental d'assurer un service public permettant de garantir un fameux quatrième pouvoir - les médias - qui soit digne de confiance, car, sans médias fiables, point de démocratie.
Ainsi, afin de corriger les injustices de la redevance tout en maintenant un service public digne de ce nom, le groupe Vert'libéral s'est fortement engagé pour un contre-projet équilibré à cette initiative, un contre-projet qui aurait permis de tenir compte et de corriger certains problèmes soulevés par les initiants, notamment le problème de double imposition en raison de la redevance payée à titre privé et celle payée à titre professionnel, un contre-projet qui aurait également eu l'avantage de ne pas mettre en péril cet échafaudage complexe qu'est la SSR, qui doit tenir compte de quatre régions linguistiques, dans un marché petit, et d'une forte concurrence venant également de l'étranger. Savez-vous par exemple que depuis l'arrêt de la diffusion en FM des radios, les radios françaises ont vu leur audimat grimper au détriment des radios suisses romandes ?
Nous aurions appelé de nos voeux un contre-projet, malheureusement, la commission du Conseil des Etats a rejeté les propositions de la commission de notre conseil, nous laissant ainsi avec rien d'autre que cette initiative extrême qui exige une réduction immédiate et massive du montant de la redevance et qui ne tient compte ni des obligations existantes ni des missions de service public ou de l'équilibre entre les régions linguistiques. Avec cette initiative, nous ne déciderions pas d'une cure d'amaigrissement de la SSR, nous déciderions tout simplement de sa fin. Pour le groupe Vert'libéral, c'est tout simplement irresponsable.
Dans la situation actuelle, nous ne pouvons que regretter le manque d'un contre-projet et recommander de dire non à cette initiative; nous vous invitons à en faire autant. Nous rejetterons la proposition de la minorité Fischer Benjamin qui ne cherche qu'à s'immiscer dans la gestion de la SSR, ce qui est tout sauf libéral ou pragmatique. Nous rejetterons aussi la proposition de la minorité Pult.