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Marty Dick · Ständerat · 2003-06-18

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-06-18

Wortprotokoll

Je ne sais pas si, pour vous, ç'a été la même chose, mais lorsque je suis entré la première fois dans cette salle, j'ai été assez impressionné par le rituel qui existe. L'appel, les salutations du vendredi matin de la dernière semaine de session et, parmi ces rituels aussi, la traduction. En fait, on traduit les choses peu importantes et on ne traduit pas les choses importantes.

Mon intervention n'est pas faite pour désacraliser l'activité de ce Conseil. On peut vivre avec l'appel, les salutations du dernier vendredi sont sympathiques. Mais je me demande s'il y a vraiment un sens de maintenir cette traduction. M. Jean-Claude Hayoz est un excellent traducteur; il est tellement bon qu'il traduit avec une rapidité de kalachnikov et, normalement, il a terminé sa traduction avant que le président ait terminé. Mais, n'est-ce pas, il traduit "Vote sur l'ensemble - Gesamtabstimmung". Ce sont des concepts que tout le monde connaît dans cette salle, et je crois qu'on devrait avoir le courage de dire que M. Hayoz a bien d'autres tâches à accomplir dans les Services du Parlement que de passer des heures ici pour traduire des choses que tout le monde comprend. Ce sont des concepts qui sont toujours les mêmes.

L'alternative, c'est de faire une véritable traduction dans les langues officielles, comme cela se fait au Conseil de l'Europe. Pour avoir une traduction dans ma langue, je dois aller à Strasbourg: là-bas, au plénum et dans toutes les commissions, je bénéficie de la traduction en italien - pas ici!

Ma proposition est conçue de deux façons. La proposition principale consiste à dire: "Nous n'avons vraiment pas besoin d'un traducteur officiel pour traduire des communications qui sont des communications courantes et qu'honnêtement tout le monde comprend." On est en train de faire des économies dans tous les domaines, alors je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas faire aussi un petit geste. La proposition subsidiaire a pour but de faire en sorte que, sur demande, les communications soient traduites dans une autre langue officielle; si quelqu'un ne comprenait pas quelque chose, il pourrait le demander.

Quant à la version qui est proposée par la commission, je regrette de le dire, et de le dire très ouvertement, elle a un côté un peu hypocrite. Car aujourd'hui, au Parlement, les langues sont l'allemand et le français, et lorsqu'un Tessinois se hasarde à parler italien, tout de suite ses collègues disent: "Il parle pour la Télévision Suisse italienne!" Mais quand un Suisse allemand parle allemand, personne ne dit qu'il parle pour la DRS. Ou quand M. Cornu parle en français, personne ne dit qu'il parle pour la TSR. Alors, j'ai un peu de peine à accepter cette attitude. D'ailleurs, même le programme des séances n'est réalisé qu'en deux langues: alors que tous les citoyens du pays s'intéressent potentiellement à ce travail, à ce que fait le Conseil, sur Internet, ce programme n'existe pas en italien. Donc, on viole le principe affirmé dans tous les discours du 1er août et dans les grandes occasions, à savoir: "Nous sommes un pays multiculturel, plurilingue et les langues ont la même dignité!" Alors, pour ne pas dire que les langues de ce Conseil, en réalité, sont seulement l'allemand et le français, pour éviter de reconnaître qu'on viole ce principe, la commission nous propose de parler d'une deuxième langue officielle. Cela, c'est vraiment un peu hypocrite.

Ma proposition principale revient à dire: "Soyons francs avec nous-mêmes, cette traduction officielle, on peut s'en passer." Ou, sans ça, mettons les choses au clair. Je ne suis pas si "intégraliste" au point de dire "dans les trois langues", mais alors, choisissons une formulation moins hypocrite. Il pourrait y avoir demain un député suisse italien qui, légitimement, demanderait de traduire en italien ce que le président dit. Je crois que ma proposition principale est la meilleure, la plus transparente et la plus correcte. Autrement, on doit faire le pas et traduire tout ce qu'on dit, car le paradoxe, c'est que les choses importantes que l'on dit dans ce Conseil ne sont, elles, absolument pas traduites.