Golay Roger · Nationalrat · 2025-06-12
Golay Roger · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-06-12
Wortprotokoll
Enfin, avec l'initiative intitulée "200 francs, ça suffit !" nous pouvons restituer du pouvoir d'achat à notre population et à nos entreprises. Il ne faut pas manquer l'occasion de le faire. Enfin, nous pouvons laisser à [PAGE 980] l'économie privée la place qui est la sienne dans notre système soi-disant libéral. Enfin, nous pouvons freiner la gourmandise étatique et sa volonté de mainmise permanente. Une société libérale a besoin de médias indépendants et libres. Une politique médiatique libérale se distingue par la libre concurrence et doit donc passer par une définition restrictive du service public. L'argent public qui coule à flots auprès des chaînes de radio et de télévision crée forcément une dépendance qu'il faut fermement rejeter et dont il faut mesurer l'effet sur la pluralité des opinions.
Évidemment, on me met en garde contre une baisse drastique de la qualité des programmes et de l'information. Cet argument, pour massif qu'il soit, ne résiste pas à l'examen. On n'a pas à dicter aux gens comment ils doivent solliciter ou ne pas solliciter les médias. Les gens, dans notre pays libre, doivent pouvoir faire leur propre choix. Les clients se déplacent vers les offres médiatiques qu'ils considèrent comme les plus avantageuses, les meilleures et les plus instructives. Les généreuses subventions et mesures d'encouragement de l'État n'y changent rien. Dans ce contexte, et alors que les Suisses paient actuellement les redevances de radio et de télévision quasiment les plus élevées du monde, il est approprié de réduire cette mesure publique de soutien.
L'exploitation abusive de la notion de service public, qui dure depuis des années, n'est pas acceptable. Une définition restrictive de ce principe amènerait notre chère SSR à se limiter à une offre de base et de qualité en se concentrant sur l'information. Avec 200 francs par an de redevance, on peut parfaitement atteindre le niveau d'information requis, et ce, dans toutes les régions linguistiques. Les autres programmes et thèmes peuvent, eux, être cédés au libre marché. Oui, chers collègues, pour nos jeunes, pour nos aînés, pour nous tous, 200 francs, ça suffit pour le service public que nous souhaitons, d'autant plus que de très nombreux citoyens de notre pays n'arrivent déjà pas à payer leurs factures courantes et vitales, tels leurs loyers, leurs primes maladies, leurs impôts, etc. Sachant que, en 2024, Serafe a enregistré un nombre record de poursuites - plus de 112[NB]000 procédures ont été engagées conformément à l'article 60 alinéa 1 de l'ordonnance sur la radio et la télévision -, nous pouvons estimer que cette redevance au prix actuel met la tête sous l'eau à de trop nombreux compatriotes.
D'autre part, 0 franc pour les entreprises, c'est le montant juste. Contrairement aux particuliers, les entreprises ne peuvent en effet consommer ni la radio ni la télévision. L'obligation qu'il leur est fait de payer la redevance est injuste. En réalité, ce n'est pas, pour les entreprises, une redevance sur quelque chose dont elles font usage, mais un véritable impôt déguisé, destiné à financer le train de vie d'un service public surabondant.
Je vous invite à recommander de voter oui à cette initiative "200 francs, ça suffit !", qui est soutenue par de très nombreuses personnalités représentant un large front politique.