Revaz Estelle · Nationalrat · 2025-06-13
Revaz Estelle · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-06-13
Wortprotokoll
Le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est une institution d'importance nationale. Il est au coeur de l'engagement de la Suisse en matière de droit international humanitaire et renforce notre position en tant qu'État dépositaire des Conventions de Genève. Ce musée incarne un pilier de notre identité nationale[NB]: le principe de neutralité. Il participe activement au rayonnement diplomatique de notre pays. Et puis, il conserve un patrimoine unique. Je pense notamment à la médaille du prix Nobel de la paix d'Henry Dunant ou aux archives des prisonniers de guerre de la Première Guerre mondiale, inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco.
Depuis plus de 30 ans, la Confédération est consciente de l'importance nationale du Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, puisqu'elle le soutient, par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), à hauteur de 1,1 million de francs par année. Aujourd'hui, le plan d'économies du Conseil fédéral prévoit que ce soutien soit supprimé et que le musée puisse tout au plus soumissionner à un appel d'offres de l'Office fédéral de la culture (OFC) pour son programme de soutien aux musées. C'est un problème pour la gestion du musée, puisque, par ce biais, le soutien ne sera ni pérenne ni garanti. C'est un problème financier, puisque, même si soutien il y a, le montant sera forcément beaucoup plus modeste que ce qu'offrait le DFAE. Mais c'est avant tout un problème symbolique, à un moment où l'image d'une Suisse neutre, humanitaire, ancrée dans le droit international est mise à l'épreuve. La réaction de la population et des médias ne s'est d'ailleurs pas fait attendre après l'annonce. La mobilisation a été impressionnante. Cela montre que le musée touche quelque chose de profondément émotionnel et identitaire.
Je sais que beaucoup considèrent qu'il est nécessaire de faire des économies dans de nombreux domaines, et j'en tiens bien sûr compte. C'est d'ailleurs pourquoi ma motion est volontairement ouverte au sujet du montant. Le plus important, pour le musée, c'est de rester lié à la Confédération et, en particulier, au DFAE, car, au-delà de sa dimension muséale, il symbolise l'identité humanitaire de notre pays.
Des discussions sont en cours entre la Confédération et le canton de Genève. J'appelle de tout coeur à ce qu'une solution tripartite soit trouvée entre le DFAE, l'OFC et le canton de Genève. Si le canton de Genève peut assumer une partie substantielle du financement, il ne peut pas se substituer au symbole de la contribution de la Confédération. Dans le cas où un compromis aboutit, je serai la première à m'en réjouir. Alors, je me permets de vous le demander directement, Monsieur le conseiller fédéral Cassis[NB]: est-ce que ces[NB]discussions[NB]ont[NB]maintenant pu aboutir et est-ce qu'une solution tripartite entre l'OFC, le DFAE et le canton a pu être finalisée[NB]? [PAGE 1048]
Dans la salle des pas perdus, il y a des peintures au plafond. On y voit, en grand, le drapeau de la Croix-Rouge, et je crois que c'est un signe de l'importance de cette institution pour notre pays, un rappel aussi de ce que nous avons de plus précieux : nos valeurs humaines, notre histoire et notre engagement envers le droit international. Préserver le lien entre la Confédération et cette institution, c'est rester fidèle à ce que la Suisse incarne : la neutralité, l'humanitaire, le respect du droit. Ne laissons pas ce symbole s'effacer pour la Suisse et pour son image dans le monde.