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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2025-06-18

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-06-18

Wortprotokoll

J'aimerais dire en préambule que le groupe socialiste est extrêmement déçu que, pour un débat sur des interpellations urgentes concernant la politique étrangère du pays, il n'ait pas été possible d'avoir la présence du ministre des affaires étrangères, Ignazio Cassis. Je comprends qu'il avait une obligation qui était prévue, mais, maintenant que cette obligation est tombée, il n'y a vraiment aucune raison qui justifie son absence lors d'un débat qui traite spécifiquement de son domaine. Nous sommes également déçus des réponses qui ont été données à notre interpellation et d'ailleurs également aux autres interpellations qui ont été posées. Tout porte à croire que toute la politique est orientée pour servir une seule catégorie de population, les milliardaires, les oligarques à travers le monde. On a accepté qu'ils fassent la loi aujourd'hui.

La politique de Donald Trump est une politique de caïd dans une cour de récré, qui fait des menaces et qui espère obtenir ce qu'il veut. Chaque fois qu'une menace est proférée et qu'il obtient quelque chose, il profère le lendemain encore davantage de menaces. Or, la réaction de la Suisse aujourd'hui c'est de dire : "Oui, nous allons faire ça, nous allons donner, nous allons donner, nous allons apaiser le dieu argent". C'est inacceptable, et aussi peu stratégique, lorsqu'il existe des alternatives. Savez-vous comment les marchés nomment Trump ? Taco, pour "Trump always chickens out". Il fait des menaces, mais ensuite il remarque à quel point ces menaces sont dommageables pour son propre pays et sa population et il revient en arrière. Tout ce qu'on a cédé entre temps, on l'a perdu. Pourquoi ? Pour rien, parce qu'il serait de toute façon revenu en arrière.

Nous manquons de percevoir une stratégie claire de la part du gouvernement. Par contre, ce que nous voyons, c'est ce que nous pouvons perdre avec cette stratégie : céder, refuser de faire une politique industrielle pour compenser les dégâts que mène la politique agressive de Donald Trump, des États-Unis et des autres oligarques. C'est la même chose en Suisse. Tout va mal au niveau des finances. En tout cas, c'est ce qui est dit, parce qu'évidemment ce n'est pas forcément le cas. La réponse à cela ? Punir la population, couper dans les prestations publiques, démolir l'État, mais en même temps faire paradoxalement de massives coupes d'impôts en faveur des milliardaires et des oligarques. C'est encore la même logique. On baisse les impôts pour les riches, on dit qu'il n'y a plus d'argent et la population paie. Comment peut-on vivre avec ce paradoxe ? En laissant des milliardaires qui ont investi massivement dans les médias tenter de diffuser les fausses informations, en limitant la liberté de la parole, la liberté de la presse, en affaiblissant les médias. Nous avons eu encore un exemple de cela en Suisse, dans notre pays, hier.

Nos questions subsistent malgré les avis relatifs aux interpellations. Pourquoi donc céder au chantage et donner l'impression que nous sommes faibles face à Donald Trump et aux oligarques, alors que nous avons des alliés et que d'autres démocraties libérales ont les mêmes intérêts que nous ? Pourquoi ne pas mieux se coordonner avec les autres démocraties ? Pourquoi avoir abandonné la régulation des plateformes sous la pression de Trump alors que nous prétendons vouloir être un État souverain et que nous défendons cela ? Pourquoi laisser les plateformes technologiques en Suisse gagner des milliards de francs sans vouloir les taxer ? Pourquoi mettre en danger notre agriculture, qui d'habitude est tout le temps sacrée chez nous ? Pourquoi risquer cela dans les négociations avec Trump ? Enfin, pourquoi ne pas davantage se positionner en champion du multilatéralisme ? Ces réponses, nous ne les avons pas encore et nous les attendons.