AB 359730
Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2025-06-18
Wortprotokoll
L'inaction environnementale a un coût, un coût massif, bien documenté par de nombreuses études et récemment confirmé par le Conseil fédéral. Malheureusement, ces coûts deviennent de plus en plus visibles dans notre réalité quotidienne. L'exemple de Blatten est évidemment frappant. Selon les autorités cantonales, les travaux urgents de remise en état coûteront près de 142 millions de francs ; à cela s'ajoutent encore 76 millions pour des travaux ordinaires. Et ce n'est pas un cas isolé. Citons les événements de l'été passé dans le Val Maggia ou, plus récemment, dans le Val de Bagnes ou encore à La Chaux-de-Fonds. Les personnes concernées n'ont pas bénéficié de fonds fédéraux en urgence comme Blatten, mais elles ont aussi dû faire face à des dégâts matériels qui coûtent cher. D'autres régions ont déjà été touchées, d'autres le seront, hélas, encore, parce que l'humanité - la Suisse en fait partie - n'agit pas assez vite et consciemment devant l'ampleur du défi du dérèglement climatique qui modifie drastiquement les bases mêmes de notre vie sur Terre.
Ces événements climatiques extrêmes vont devenir plus fréquents, plus intenses. La question n'est donc pas de savoir si nous devons agir, mais comment; comment financer ces coûts et, comme les Verts le répètent incessamment, comment investir en amont pour réduire nos impacts et renforcer notre résilience ? Avec cette initiative, nous proposons ici une solution et nous attendons depuis des lustres que d'autres, à l'UDC, au Parti libéral-radical ou au Centre, le fassent également. Nous serions trop contents si vous preniez aussi cette responsabilité pour le pays. [PAGE 1204]
La Suisse s'est engagée pour un objectif de zéro émission nette d'ici à 2050. Atteindre cet objectif demande des investissements publics majeurs pour développer des infrastructures durables, accélérer la transition énergétique et circulaire et soutenir des entreprises dans cette transformation. Prosaïquement, dans la mise en oeuvre de l'économie circulaire, qui vise à économiser des ressources et à diminuer les émissions, le Conseil fédéral répond depuis quelques mois qu'il n'a pas prévu d'argent ou de mesures incitatives économiques et d'investissements, par exemple dans les filières de la réutilisation.
Nous aurions donc les outils légaux, mais pas le financement pour les mettre en oeuvre. De nombreuses entreprises suisses ont conscience des défis du XXIe siècle. Elles comprennent qu'il n'y a pas que le capital financier qui compte pour l'économie et elles se montrent proactives quant à leurs responsabilités envers la planète. Elles y voient aussi des débouchés économiques possibles. Des PME suisses sont prêtes à s'engager, mais elles manquent souvent des moyens pour franchir le cap initial. Un fonds climat leur permettrait de surmonter ces obstacles, de créer des emplois durables, de renforcer les circuits locaux et de rendre notre économie plus robuste. Par ailleurs, je partage l'avis entendu que nous avons des PME innovantes, mais nous ne pouvons simplement l'énoncer et espérer que cela suffise. Si elles s'engagent, ce n'est pas que par conviction, c'est aussi parce qu'elles attendent un cadre incitatif et stable. Elles ne s'attendent certainement pas à voir ce que certains font ici, à savoir revenir sur les engagements pris ou ne pas permettre une mise en oeuvre des lois votées.
L'initiative pour un fonds climat prévoit une base légale claire et juste, elle garantit un soutien national et prévisible, coordonné entre la Confédération, les cantons et les communes. En excluant ce fonds du plafond des dépenses, on évite que des logiques d'économies à court terme compromettent les investissements dont notre société a vraiment besoin sur le long terme. Il y a 100 ans, la Suisse a su investir dans de grandes infrastructures ferroviaires, puis dans des barrages hydrauliques. À votre avis, où en serions-nous aujourd'hui si le Parlement, à l'époque, n'avait pas adopté de telles mesures ? Soutenir ce fonds, c'est donc s'équiper[NB]et[NB]choisir[NB]la[NB]responsabilité, c'est respecter les objectifs climatiques que notre population a déjà approuvés, bref, c'est agir.
Je vous invite à recommander d'accepter cette initiative essentielle pour notre climat, pour notre économie et pour notre pays.