Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2025-06-19
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-06-19
Wortprotokoll
Le climat change. Les événements climatiques extrêmes se multiplient[NB]: des événements liés au "trop d'eau", avec crues et inondations catastrophiques, ou au "pas assez d'eau", dans le contexte de sécheresses prolongées. Dans ce dernier contexte, on assiste à de terribles incendies de forêt qui ravagent de nombreux pays de l'hémisphère nord, tels le Canada, les États-Unis, la Russie et, surtout, le pourtour méditerranéen, un phénomène bien connu et malheureusement récurrent. À quelques reprises, rares pour l'instant il est vrai, la Suisse a également été concernée, notamment en Valais, par deux fois ces dernières années. Mais le réchauffement climatique menace. Les périodes de sécheresse s'intensifient et nos forêts souffrent. Leur capacité de résistance diminue, car beaucoup d'arbres sont malades et meurent. C'est le cas par exemple dans ma région jurassienne. Par ailleurs, l'entretien des forêts tend à s'amenuiser, ce qui engendre une accumulation de broussailles à la combustion facile, un terrain propice aux incendies. Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si, à l'avenir, des incendies conséquents vont ravager les forêts des Alpes, du Plateau ou du Jura, mais quand cela arrivera[NB]? Les climatologues prévoient qu'à terme, notre climat pourrait s'apparenter à celui des bords de la Méditerranée aujourd'hui. Le message est on ne peut plus clair.
Les choses évoluent très vite et, actuellement, nous ne disposons en gros que de moyens au sol, si l'on excepte l'aide de quelques hélicoptères aux effets limités sur le plan de l'apport d'eau sur un sinistre ; il est question de quelques mètres cubes seulement. L'heure me paraît venue de franchir un échelon dans la prévention dans ce domaine, en faisant aujourd'hui l'acquisition d'au moins un aéronef de type Canadair ou autre, apte à contribuer à la lutte contre les incendies. Le choix de l'avion précis reposerait sur l'avis de spécialistes et incomberait en dernier ressort au Conseil fédéral. La Suisse dispose de grands lacs permettant l'approvisionnement en eau de ce ou de ces appareils et il faudrait bien entendu préciser la législation sur la navigation en cas d'incendie pour permettre ces manoeuvres en toute sécurité. La Suisse paraît encore aujourd'hui, pour l'essentiel, épargnée et il nous faut mettre à profit le temps qui nous reste pour monter en puissance et nous préparer.
Dans sa réponse à la motion, le Conseil fédéral rappelle qu'il étudie l'accès à l'aide internationale incluant du personnel et des engins terrestres et aériens dans le cadre du mécanisme de protection civile de l'Union européenne. Attendre l'aide des autres ? Dans d'autres dossiers sécuritaires, on nous explique au contraire que la Suisse ne doit pas compter que sur l'aide des pays voisins, mais que nous devons prendre nos responsabilités et faire aussi notre part du travail. En faisant une telle acquisition maintenant, nous pourrions collaborer avec nos voisins, souvent confrontés à des situations chaotiques, et, le cas échéant, offrir notre aide aux pays du sud de l'Europe qui sont régulièrement la proie des flammes, permettant ainsi à notre ou nos équipages d'apprendre ce métier exigeant et de gagner en expérience pour être prêts le moment venu. Aider et collaborer avec nos voisins nous assurerait de leur solidarité le moment venu. Les menaces ne sont pas que militaires. La nature se rappelle parfois brutalement à notre bon souvenir. [PAGE 1224]