Poggia Mauro · Ständerat · 2025-09-09
Poggia Mauro · Ständerat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-09-09
Wortprotokoll
Ce cheminement du doute vers la conviction, du respect institutionnel vers le réalisme politique, que nous a décrit notre collègue Chassot, je l'ai partagé. J'avais effectivement aussi des réticences à reconnaître la Palestine en me disant[NB]: "à quoi bon, si l'on ne sait pas qui mettre autour d'une table pour négocier une paix durable[NB]?" Or, lorsque l'on voit ce qui se passe aujourd'hui, lorsque l'on voit la création de 3400 logements en Cisjordanie, lorsque l'on voit les projets de créer une riviera à Gaza, lorsque l'on entend les déclarations du ministre Smotrich qui menace, en cas de reconnaissance de la Palestine, d'envahir la Judée et la Samarie - entendons par là, bien sûr, la Cisjordanie -, on se dit que ne rien faire, c'est laisser Israël et le gouvernement actuel, qui n'est pas lui-même seul porteur de l'image d'Israël, faire ce qu'il a décidé de faire, à savoir rendre le projet de création de deux États, auquel la Suisse, par son Conseil fédéral, a déclaré être attaché, irréalisable à l'avenir. Nous devons donner un signe politique fort et clair à toutes celles et ceux qui ne veulent pas de solution à deux États[NB]; je pense bien sûr aux extrémistes israéliens qui sont aujourd'hui au pouvoir, mais également au Hamas, qui ne vit précisément que par le maintien de ce conflit. Ce signal clair n'est pas un soutien à l'extrémisme qui s'exprime du côté palestinien, au contraire, c'est casser cet extrémisme pour lui montrer qu'il y a une deuxième voie, qui est celle du droit international, celle de la légalité, car il n'y aura pas de négociations équilibrées, il n'y aura pas de paix juste et durable sans une solution à deux États.
Imaginez une seconde ce que, des deux côtés, peuvent vivre des enfants orphelins qui ont vu leurs parents exterminés dans cette guerre sans fin. Est-ce que ces jeunes peuvent avoir autre chose que la haine dans le coeur pour construire leur avenir[NB]? Nous avons une responsabilité internationale, et je dirais la Suisse encore plus qu'ailleurs, d'apporter une alternative. Cette alternative, nous l'avons dit, jusqu'ici avec des mots, c'est la construction d'une solution à deux États. Il n'y aura pas de construction d'une solution à deux États sans la reconnaissance de la Palestine. Nous avons bien entendu les menaces proférées par certains membres du gouvernement israélien à l'égard des États qui reconnaîtraient la Palestine, et cela ne doit que nous renforcer à aller dans cette voie, car c'est la voie de la justice. C'est la raison pour laquelle il en va de la crédibilité de la Suisse sur la scène internationale de la soutenir, ici, par le Parlement, en espérant que le Conseil fédéral puisse un jour prendre également ses responsabilités dans ce domaine et exprimer clairement que les violations actuelles du droit humanitaire sont inacceptables, et le dire non seulement par les mots, mais le faire sentir concrètement par la reconnaissance de l'État palestinien, sachant que, le 29 novembre 2012, nous avons accepté, nous, la Suisse, le statut d'observateur permanent à la Palestine. Le pas suivant, c'est aujourd'hui que nous devons le faire.