Hurni Baptiste · Ständerat · 2025-09-10
Hurni Baptiste · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-09-10
Wortprotokoll
Je ne vais évidemment pas répéter ce que le rapporteur a mieux dit que moi. J'aimerais simplement sensibiliser un tout petit peu cette assemblée aux difficultés de ce secteur économique extrêmement important qui est le secteur de l'exportation, notamment des machines et de l'industrie horlogère. Pourquoi cette sensibilisation[NB]? Parce que, malheureusement, si le Conseil fédéral ne parvient pas, dans un avenir proche, à faire revenir à la raison les États-Unis, je crains que nous n'ayons à reparler de ce secteur économique.
Ce qu'il faut bien comprendre, et cela a déjà été cité, c'est qu'on ne se trouve pas dans une situation où l'industrie horlogère et celle des machines étaient dans une très bonne situation et que, d'une très bonne situation, on passe à un problème douanier[NB]: nous étions d'ores et déjà dans une situation de crise, et c'est la raison pour laquelle ce projet avait été déposé. Qu'est-ce qui me fait dire ça[NB]? C'est qu'avant même les annonces sur les tarifs douaniers, nous étions dans une situation où 26 pour cent de toutes les industries horlogères - en tout cas celles qui font partie de la Convention patronale, et c'est la grande majorité - utilisaient déjà la RHT. Il faut bien voir que dans ce secteur, en 2025 - en tout cas jusqu'au mois d'août 2025, où nous avons des chiffres -, c'est de 10,5 pour cent que les exportations ont diminué, à l'exception du marché américain qui, jusqu'à présent, se portait bien, mais cela risque de se compliquer quelque peu. C'est aussi 30 plans sociaux d'ores et déjà négociés. Et tout cela, c'était avant l'entrée en vigueur des tarifs punitifs américains.
Quel est le risque, finalement, si nous ne faisons rien[NB]? Je suis heureux d'entendre que la proposition de minorité a été retirée. Le risque, si nous ne faisons rien, c'est évidemment de perdre des emplois, mais c'est aussi de fragiliser une branche importante et de perdre un savoir-faire assez fondamental. Parce que, les métiers de l'horlogerie, mais aussi les métiers de l'industrie des machines, sont des métiers qui [PAGE 783] ne s'apprennent pas à l'école, qui ne s'apprennent pas avec un CFC.
Nous avions hier une réunion de l'intergroupe parlementaire "industrie horlogère"[NB]; une personne a demandé ce que cela signifierait pour la branche, si ce projet de RHT ne devait pas être accepté aujourd'hui. La réponse a été unanime[NB]: s'il n'est pas accepté, il y aura beaucoup, beaucoup, de licenciements - c'est déjà grave -, mais, en plus, il y aura des métiers qui vont se perdre ou alors qui seront très difficiles à retrouver. Je vous donne un exemple, comme cela ce mot aura une fois été prononcé dans cette salle, c'est le métier du guillochage. Le métier du guillochage consiste à tailler de fines lignes et des cercles sur les pièces des montres, sur les mouvements horlogers. Si vous avez la chance d'avoir une montre suisse, peut-être que vous avez une montre qui est passée par les mains expertes d'une guillocheuse ou d'un guillocheur. Pourquoi ce métier risque-t-il d'être perdu[NB]? Simplement parce que, comme je l'ai dit, c'est un métier qui s'apprend uniquement en entreprise et c'est un métier qui est extrêmement sensible aux variations conjoncturelles. Un patron nous a dit hier que si le projet de RHT n'était pas accepté aujourd'hui, ce serait en tout cas la moitié des guillocheurs et des guillocheuses de son entreprise - c'est surtout un métier féminin - qui risquerait de passer à la trappe et qu'il ne savait pas quand et comment ces gens pourront le réapprendre. Quand on dit cela, cela montre le sens de la RHT. La RHT, cela a été rappelé par le rapporteur, ne vise pas à corriger à long terme un problème de marché, ne vise pas à faire survivre des entreprises qui ne sont pas concurrentielles, mais la RHT vise exactement cela[NB]: à préserver le savoir-faire et les emplois quand il y a un problème conjoncturel.
Alors, évidemment, si la crise douanière américaine venait à se poursuivre, je pense malheureusement que nous aurions à discuter d'autres mesures, mais à ce stade il m'apparaît que c'est absolument vital pour préserver les emplois et le savoir-faire dans le domaine de la machine-outil et de l'horlogerie de voter ce projet.