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Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2025-09-15

Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-09-15

Wortprotokoll

Dans son message sur l'État hôte, le Conseil fédéral prévoit une légère augmentation du plafond des dépenses pour le porter à 122,6 millions de francs pour les années 2026 à 2029.

Comme l'a rappelé le Conseil fédéral, le rôle d'État hôte fait partie de l'identité de la Suisse. La densité d'organisations internationales, de représentations officielles des États membres et des organisations non gouvernementales ainsi que la tenue de milliers de conférences internationales chaque année font de la Suisse le centre du multilatéralisme. Mais pour combien de temps encore[NB]? La Genève internationale, ou plutôt devrait-on dire la Suisse internationale, est grandement menacée. À part Genève, les cantons de Bâle, Berne et Vaud accueillent aussi des organisations internationales. Genève abrite 46 organisations internationales, 460 organisations non gouvernementales, 183 représentations et environ 6500 conférences chaque année. Depuis les coupes drastiques opérées par les États-Unis, cet écosystème est menacé et fragilise un peu plus le multilatéralisme. Le financement américain représente près de 26 pour cent du financement de la Genève internationale. Mentionnons aussi les populations vulnérables des pays du Sud, qui se voient privées de programmes d'aide essentiels pour lutter contre les famines, les effets du réchauffement climatique et de nombreux conflits régionaux.

La conseillère d'État en charge des finances du canton de Genève a relevé le fait que l'écosystème de la Genève internationale vivait une des pires crises de son histoire[NB]: si des organisations importantes sont trop affaiblies, c'est l'ensemble du système qui sera gravement atteint. C'est justement dans ce climat difficile que la Suisse doit montrer son soutien, en particulier en tant que dépositaire des Conventions de Genève.

Pendant que certains se demandent s'il est bien pertinent d'augmenter même modestement le plafond des dépenses pour la stratégie relative à l'État hôte, plusieurs villes et pays se mettent sur les rangs pour accueillir des organisations internationales en faisant valoir leurs propres atouts[NB]: il s'agit notamment de Vienne, Bonn, Valence, Budapest, etc., et, hors d'Europe, des villes comme Nairobi, Kigali, et également de certains États du Golfe.

Au-delà des aspects de politique étrangère et des besoins humanitaires, il faut être conscient des retombées économiques de la Genève internationale qui représentent 4 milliards de francs, soit 11,4 pour cent du PIB du canton de Genève et environ 1 pour cent du PIB de la Suisse. Certains collègues de la Commission des finances ont avancé que le canton de Genève n'avait qu'à investir plus, car il en avait les moyens. D'abord, rappelons que le canton de Genève a débloqué un crédit de 10 millions de francs pour soutenir les personnes licenciées de différentes organisations[NB]: on parle d'environ 3000 postes qui sont déjà supprimés ou en voie de l'être. Le canton devra assumer les charges de la brigade de sécurité diplomatique qui incombe normalement à la Confédération. Tout cela en plus de ce qu'il investit régulièrement. Le canton de Genève vient aussi de constituer une nouvelle fondation dont le but est de soutenir et d'accompagner les organisations dans leur transformation pendant cette période de transition. Celle-ci a été dotée d'un capital de 50 millions de francs. Enfin, ce n'est pas le rôle du canton de se substituer à la Confédération, chacun ayant son rôle[NB]: la Confédération soutient les organisations internationales, tandis que le canton s'occupe de l'environnement dans[NB]lequel[NB]évoluent[NB]les[NB]organisations non gouvernementales. Il faut aussi relever que cette modeste augmentation du plafond de dépenses de 5 pour cent sera intégralement compensée à l'interne du Département fédéral des affaires étrangères.

Contrairement à ce qu'a dit notre collègue Gafner, la Suisse ne va pas compenser le retrait des États-Unis ou d'autres pays[NB]; elle doit simplement faire sa part. La Suisse va perdre de son influence si on ne réagit pas. Il est indispensable qu'elle s'engage activement dans la réforme du système multilatéral et dans les bons offices. La Genève internationale reste un lieu propice pour innover et trouver de nouveaux modèles de coopération. Il est donc dans l'intérêt de notre pays de se positionner face à l'avenir.

C'est la raison pour laquelle, je vous demande de suivre ma minorité qui reprend simplement le projet du Conseil fédéral. C'est le minimum que l'on puisse faire pour rester du bon côté de l'histoire.