Maillard Pierre-Yves · Ständerat · 2025-09-16
Maillard Pierre-Yves · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-09-16
Wortprotokoll
J'aimerais dire un mot sur les interventions qui viennent de nos collègues de la Commission des finances et qui abordent ce débat sur le thème des finances avec un discours tellement bien rodé qu'il est évidemment très difficile à contrer. Ce discours consiste à dire qu'ils peuvent toujours agir avec un peu plus d'efficience, que l'on peut toujours couper un peu. C'est vraiment un discours qu'on entend très souvent de la part de ceux qui s'occupent de finances, parce qu'il est très facile, depuis un bureau ou depuis un Parlement, de dire à ceux qui travaillent qu'ils peuvent toujours faire un peu mieux avec un peu moins. Or, ce discours a quand même une limite, à laquelle j'aimerais vous rendre attentifs. Nous avons connu une croissance démographique absolument spectaculaire ces vingt dernières années dans notre pays. Dans mon canton, quand je suis entré au Conseil d'État vaudois en 2004, nous étions 600[NB]000 habitants. Quand j'en suis parti en 2019, nous étions 800[NB]000 habitants. C'est une progression de 33 pour cent. Et ce sont des personnes qu'il faut loger, qu'il faut soigner, qu'il faut éduquer et qu'il faut transporter. Pour y parvenir avec une telle croissance, on a souvent compté sur le savoir-faire, sur le travail et sur l'engagement de professionnels. Il y a des salariés qui, chaque année, justement parce que les moyens ne croissent pas en même temps que la démographie, doivent faire plus avec la même somme d'argent ou avec moins. On épuise ces équipes, on épuise ces salariés parce que, justement, la croissance démographique a été très forte et que les moyens n'ont pas toujours suivi.
Dans le domaine des transports publics, nous sommes régulièrement confrontés à la question suivante[NB]: comment voulez-vous continuer avec cette croissance démographique[NB]? comment voulez-vous continuer avec cette libre circulation des personnes si vous n'investissez pas assez pour les infrastructures et les services qui permettent à ces personnes de vivre normalement[NB]? J'aimerais que les politiciens qui s'occupent de finances aient un tout petit peu de recul et pensent à la situation dans laquelle se trouve notre pays. Notre collègue Würth va s'engager, je pense, résolument contre l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions[NB]!", il va s'engager résolument pour la libre circulation des personnes. Ce serait important qu'à ce moment-là, il réfléchisse aussi aux moyens que nous devons donner à nos salariés qui s'occupent des services publics pour qu'ils puissent simplement assumer ces défis.
La solution qui vous est proposée ici par la majorité, c'est déjà une réduction de la croissance par rapport aux besoins démographiques qui augmentent. C'est donc vraiment déjà une pression supplémentaire. N'allons pas plus loin, ou alors disons que nous ne voulons plus de croissance démographique. Il faut être un tout petit peu cohérent et ne pas, avec une certaine légèreté, demander à ceux qui travaillent tous les jours, jour et nuit, d'en faire toujours plus avec moins, parce que cela commence à être un petit peu difficile à entendre pour ces collaboratrices et collaborateurs.
Je vous remercie donc de suivre la majorité de la commission.