Broulis Pascal · Ständerat · 2025-09-17
Broulis Pascal · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2025-09-17
Wortprotokoll
Nous examinons aujourd'hui la motion déposée il y a presque un an jour pour jour par notre collègue Mme Z'graggen. Cette motion a été examinée et adoptée par notre plénum en décembre dernier. La Chambre du peuple a ensuite eu l'occasion de l'examiner à son tour en juin dernier. Elle a procédé à des modifications dans le but d'élargir le mandat confié au Conseil fédéral. Selon la Chambre basse, la résilience et la capacité [PAGE 917] de défense doivent également porter sur les aspects économiques et militaires, en sus des aspects sociaux et sociétaux. Les rapporteuses de commission ont également souligné qu'une partie de la stratégie ne devait pas être rendue publique, étant donné qu'elle pourrait contenir des informations sensibles.
Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en 2022 et le début de la législature, nous avons voté de nombreux crédits et budgets permettant un renforcement de notre armée. En parallèle à ces nombreux investissements, la société doit également être forte et résiliente pour aborder les cyberattaques, la désinformation, la rupture d'approvisionnement, les catastrophes naturelles ou encore les menaces environnementales. Ces menaces que l'on peut qualifier d'hybrides se sont intensifiées. J'en veux pour preuve le développement auprès du grand public de l'intelligence artificielle, qui a également pour mauvais côté le développement de cyberattaques toujours plus intelligentes et proches des réalités de la société. Tels les acteurs grecs de l'Antiquité, qui portaient des masques pour s'attribuer des qualités dont ils ne disposaient pas auprès du public, l'IA peut être utilisé comme un masque polymorphe pour faciliter les attaques informatiques qui touchent autant la population que l'armée ou le monde économique.
Cependant, la volonté de la population de défendre notre pays contribue pour une bonne part à la capacité de défense. Rappelons-nous de la stratégie du réduit national, conçue par le général Guisan durant la Seconde Guerre mondiale. Cette stratégie impliquait une mobilisation psychologique et sociale de la population. Cette proposition de réduit ne pouvait fonctionner que si la population acceptait qu'une partie du territoire puisse être occupée et qu'une autre partie soit défendue ardemment dans nos Alpes. Cela illustre parfaitement la nécessité d'inclure la population dans la stratégie de défense. En effet, comme dans de nombreuses politiques publiques, la population doit être pleinement associée à cette dernière. En effet, il est nécessaire de renforcer la coopération entre les niveaux de l'État, la société civile, l'économie et la science.
Cette stratégie permettra également d'assurer une meilleure visibilité de l'armée auprès du grand public. Ainsi, la modification de la motion proposée par le Conseil national est bienvenue, car on disposerait alors d'une stratégie globale permettant de comprendre les mesures destinées à renforcer la résilience économique et militaire de la société et sa capacité économique et militaire de défense. Cette stratégie permettra d'examiner les solutions pour, premièrement, améliorer la sensibilisation, la formation, l'infrastructure et la coopération interinstitutionnelle et, secondement, garantir que les ressources soient adaptées à long terme aux besoins de notre pays en matière de sécurité.
Le Conseil fédéral propose toutefois le rejet de la présente motion. Il affirme que la stratégie de politique de sécurité 2025 de la Suisse abordera ces thèmes de manière détaillée. Cet avis n'est pas partagé par la commission, car cette thématique doit être appréhendée de manière plus large, en associant également des acteurs autres que les services de politique de sécurité. Une société n'est véritablement résiliente que lorsqu'elle sait clairement ce qu'elle défend et pourquoi elle s'y engage, aux côtés des acteurs militaires et économiques.
En conséquence, la commission réunie le 18 août dernier vous propose, à l'unanimité, d'adopter la motion dans sa version modifiée par le Conseil national le 5 juin 2025. Au nom de la commission, j'ai rapporté.