Bendahan Samuel · Nationalrat · 2025-09-23
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-09-23
Wortprotokoll
Cette proposition, c'est le cheval de Troie de la protection des droits des gens qui travaillent dans ce pays. Sous couvert de vouloir réguler le télétravail, et même soi-disant aider les gens qui voudraient être plus flexibles, on démolit, fortification après fortification, le droit du travail de notre pays. D'abord, on dit que c'est une loi d'exception, mais deux millions de personnes seraient directement concernées par ces nouvelles mesures. La flexibilité requise pour les horaires de travail de 25 pour cent est quasiment déjà l'apanage de la plupart des gens qui travaillent. Il s'agirait donc de faire appliquer une loi d'exception pour des cas spécifiques de télétravail, en réalité à presque tout le monde, sans compter les effets d'aubaine, sans compter le fait que des gens vont modifier de petits aspects de l'organisation du travail dans leur entreprise, pour ouvrir les vannes et faire s'effondrer le droit du travail pour ces employés, comme la possibilité d'obtenir du repos pour les travailleuses et travailleurs, le respect des dimanches, le respect du[NB]repos[NB]nocturne.[NB]Ces[NB]effets dynamiques seront dramatiques, parce que chaque fois qu'une décision sera prise, cela permettra à des entreprises, en accordant un peu de télétravail à des gens, en réalité de démanteler l'ensemble de leur protection.
Le nombre de flexibilisations qui est proposé par ce projet est absolument scandaleux. Il s'agit d'augmenter non seulement les heures de travail qui peuvent être faites en dehors de l'espace de travail, mais aussi, si les gens sont concernés, de permettre de faire tout et n'importe quoi, y compris sur le lieu de travail. Qu'en est-il des gens qui ne travaillent pas sur un lieu spécifique, mais qui se déplacent pour voir des clients[NB]? Ces personnes peuvent être concernées par ce projet. Le temps de repos, qui peut être interrompu, est un stress et une épée de Damoclès permanente sur la tête des gens, alors qu'à la base, ce repos doit permettre non seulement aux personnes d'avoir des droits en dehors du travail, mais aussi d'avoir une certaine efficacité dans leur travail lorsque le repos est réel. Démolir le repos, c'est affaiblir les travailleurs et détruire encore plus notre côté humain, pour nous transformer en machines qui servent à travailler.
Enfin, la soi-disant acceptation de la part des travailleurs pour pouvoir bénéficier de ces mesures est une illusion. Qui peut vraiment accepter de ne pas signer un texte[NB]? Qui pourra dire que, non, il refuse d'accepter cette flexibilisation, lors d'un entretien d'embauche pour un poste où ce sera requis[NB]? Évidemment personne. Ce fameux choix n'en sera en réalité pas un.
Enfin, les quantités sont vertigineuses[NB]: 17 heures de travail, de 6 heures à 23 heures[NB]; moins de temps de repos[NB]; 6 dimanches par an[NB]; et, encore, certaines personnes proposent même d'enlever la rémunération supplémentaire pour ces dimanches, soit de travailler le dimanche pour le même prix que les autres jours. Tous ces éléments sont scandaleux, car ils sont une attaque contre la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle. Ils sont une attaque contre la performance au travail des personnes, car, évidemment, démolir la compétence et la santé des personnes en rendant les choses de plus en plus flexibles...