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Crottaz Brigitte · Nationalrat · 2025-09-25

Crottaz Brigitte · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-09-25

Wortprotokoll

Encore une fois, nous avons droit au grand classique de l'UDC avec cette initiative, qui ne propose pas un débat honnête sur les conséquences de l'immigration, mais une vision simpliste et une obsession de faire croire que tous les problèmes découlent de l'immigration.

Elle sert à entretenir la méfiance et le réflexe de dire que, si tout va mal, c'est la faute des étrangers. Elle sert également à banaliser les discours xénophobes qui montent partout en Europe et à détourner l'attention des vrais problèmes que sont les inégalités sociales, la spéculation immobilière, la stagnation salariale ou encore le dérèglement climatique.

Für die Initianten sind die Ausländer an allem schuld. Zu viele Staus auf der Autobahn, steigende Mieten: Die Ausländer sind schuld und bedrohen damit unsere Nachhaltigkeit.

Cette préoccupation pour la durabilité est certes louable, mais juste surréaliste lorsqu'elle provient d'un parti dont les données d'Ecorating démontrent qu'il n'a que 4 pour cent de votes respectueux de l'environnement et de la durabilité, alors que le PS, les Verts et les Vert'libéraux ont des scores entre 95 et 100 pour cent sur ce sujet.

Soyons clairs, cette initiative n'a rien à voir avec la durabilité. C'est une campagne de communication déguisée.

Dix millions est de plus un chiffre sorti d'un chapeau, absurde et arbitraire. Il n'y a aucun fondement scientifique ni économique démontrant que 10 millions serait un seuil optimal. La durabilité ne dépend pas d'un nombre, mais de politiques intelligentes en termes d'aménagement du territoire, d'infrastructures et de protection de l'environnement, mais il est bien plus simple d'agiter l'épouvantail de l'étranger. Il y a aussi une savoureuse dose d'hypocrisie, car ce sont principalement les travailleuses et travailleurs venus de l'étranger qui font tourner nos PME, hôpitaux, hôtels, chantiers ainsi que le secteur de l'agriculture.

Vouloir limiter la Suisse à 10 millions d'habitants, c'est moins de main-d'oeuvre, moins de prospérité, moins de contribuables, moins de recettes fiscales et, enfin, moins d'actifs, donc des retraites menacées. L'immigration est un pilier de notre équilibre démographique. La Suisse, comme beaucoup de pays européens, fait face à une natalité trop faible pour maintenir en l'état la part des travailleurs actifs et, en parallèle, la population vieillit. Sans une immigration raisonnable, nous risquons d'être confrontés à un déséquilibre démographique majeur. Limiter arbitrairement la population à 10 millions équivaudrait à couper une partie essentielle du levier qui nous permet de rester en équilibre social, économique et démographique.

On le sait, les initiants ne sont pas seulement hostiles aux étrangers, mais aussi aux accords avec l'Union européenne. L'initiative menace clairement la voie bilatérale en exigeant que des mesures législatives soient prises si la population dépasse 9,5 millions et que les accords internationaux favorisant la croissance démographique soient renégociés, voire dénoncés. Cela inclut notamment l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'Union européenne, qui est un élément central de nos accords bilatéraux, nécessaire pour le commerce, l'investissement, la mobilité des travailleurs et l'accès aux marchés. Dénoncer ou compromettre ces accords, c'est mettre en péril des secteurs entiers de notre économie et notre compétitivité. Implicitement et sournoisement, cette initiative n'est rien d'autre qu'une tentative de dynamiter nos accords bilatéraux avec l'Union européenne.

Je ne nie pas que l'immigration amène des défis, mais ceux-ci peuvent et doivent être anticipés en prévoyant des infrastructures, des logements, des transports, des services publics adaptés, une planification urbaine soucieuse de qualité et de durabilité. Toutes ces politiques se font plus efficacement dans un cadre ouvert et flexible, et non par des plafonds constitutionnels rigides. Ces défis ne sont par ailleurs pas propres à l'immigration, mais aussi liés à la croissance démographique naturelle, au flux des pendulaires, au tourisme et à l'urbanisation interne.

In conclusione: la Svizzera che vogliamo è una Svizzera forte, giusta, prospera, capace di conciliare sostenibilità e apertura.

Une Suisse qui ne cède pas à la peur de l'étranger, mais qui reconnaît que la diversité, la mobilité et l'interaction internationale nous enrichissent économiquement, culturellement et démographiquement. Une Suisse qui assume ses obligations internationales, protège ses accords, tout en veillant à ce que l'immigration[NB]soit[NB]maîtrisée,[NB]équitable[NB]et[NB]profitable[NB]pour tous.

Voter non à cette initiative, ce n'est pas un appel à une immigration incontrôlée, mais un refus de l'arbitraire, du repli sur soi et des peurs infondées.

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