Golay Roger · Nationalrat · 2025-09-25
Golay Roger · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-09-25
Wortprotokoll
L'expression clé de l'initiative est "développement durable de la population". Ce n'est rien de moins que le titre du nouvel article 73a de la Constitution fédérale qui nous est proposé. Il faut donc tuer dans l'oeuf les arguments de tous ceux qui veulent voir dans cette initiative un rejet de toute immigration ou encore l'opposition à toute coopération accrue avec l'Union européenne. Ce ne sont tout simplement pas les sujets. Il s'agit de constater que la population suisse croît de manière effrénée - que l'on juge par les chiffres - et que cela constitue une véritable explosion démographique. En 1861, nous étions 2,5 millions. En 1961, 5,5 millions, soit un peu plus du double en 100 ans. En l'an 2000, 7,2 millions, soit déjà 30 pour cent de plus en 30 ans. Et, enfin, en 2024, 9 millions, soit 25 pour cent de plus en 25 ans. Pendant tout ce temps, le territoire de la Suisse n'a pas grandi. Les montagnes ne se sont pas aplaties et les lacs ne se sont pas asséchés. La population et les infrastructures qui lui sont nécessaires occupent de plus en plus densément le territoire habitable. Il est indéniable que la prospérité de la Suisse a crû de manière incroyable durant ces décennies, voire siècles. On peut sans autre affirmer aussi que, pendant longtemps, un certain accroissement de la population et la réalisation d'infrastructures modernes ont été bienvenus. Cependant, aujourd'hui, la Suisse est près d'avoir atteint sa pleine capacité d'absorption et de développement. La baignoire est presque pleine. Les effets positifs de la croissance à tout va commencent à être supplantés par les effets négatifs. La qualité de vie tend maintenant à baisser, ployant sous la conséquence de la charge humaine. Il faut contrôler l'évolution démographique pendant quelque temps. Interdire de passer 10 millions d'habitants stables avant 2050, c'est permettre au pays de souffler un peu, de réfléchir au reste du XXIe siècle. S'il faut relâcher la bride, on pourra de nouveau changer la Constitution. S'il faut maintenir le plan, le nouveau texte restera en vigueur. Le peuple et les cantons maîtriseront pleinement le destin du pays. Comment, jusqu'en 2050, le faire sans casser la prospérité de la Suisse[NB]? Il faudra sans doute se montrer ici ou là restrictif[NB]: asile, immigration du troisième cercle, regroupement familial et j'en passe. Il faudra mieux planifier, mieux distribuer les emplois sur le territoire, mieux orienter les jeunes vers les métiers à déficit d'employés. Le sujet n'est pas simple, j'en suis conscient, mais on ne peut pas voir le bateau helvétique se charger, hors de tout contrôle, de millions d'êtres humains supplémentaires qu'il ne peut assumer sans porter atteinte à la sécurité et au bien-être de chacun.
Je vous invite donc à proposer l'acceptation de cette initiative, afin de préserver nos paysages, notre santé, notre identité, nos prestations sociales, nos transports en commun, nos voies de communication, nos logements, et bien d'autres domaines, contre une immigration incontrôlée qui affecte incontestablement notre qualité de vie. Nous sommes tous pour une croissance démographique, mais cela pour autant qu'elle soit raisonnable.