Broulis Pascal · Ständerat · 2025-12-09
Broulis Pascal · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2025-12-09
Wortprotokoll
J'ai lu avec intérêt le rapport de la Commission des transports et des télécommunications de notre conseil. En effet, la mobilité ou plutôt les mobilités représentent des défis pour les vingt-cinq prochaines années. Nous avons pu le voir l'année dernière avec le rejet par le peuple de l'arrêté fédéral sur les autoroutes. L'un des arguments souvent entendus était que la nouvelle voie d'autoroute entrerait en conflit avec la nouvelle voie CFF entre Lausanne et Genève. Cet argument a joué un grand rôle dans la formation de l'opinion publique. L'Office fédéral des transports a mis du temps à répondre à cet argument, et celui-ci a été mal compris par la population. Or, si nous avions disposé d'un secrétariat d'État aux transports, celui-ci aurait pu anticiper cette question déjà dans l'élaboration de l'arrêté et y répondre proactivement dans le cadre de la campagne.
La semaine dernière encore, nous avons connu moult suppressions de trafic entre Lausanne et Genève, entre Lucerne et Olten ou encore entre Lausanne et Fribourg. Ces suppressions rappellent chaque fois l'importance de la redondance des lignes, qui est indispensable pour ne plus connaître un nouvel événement tel que le trou de Tolochenaz ou encore la fermeture du tunnel de base du Gothard pendant plus d'un an en 2023, à la suite du déraillement d'un train de marchandises. On peut voir que cette redondance est pleinement assurée entre Zurich et Berne. J'en veux pour preuve le récent court-circuit, cet été, à Lenzbourg dans le canton d'Argovie. Elle a permis aux trains entre Zurich et Berne et Zurich et Bâle d'être déviés via Brugg.
Les transports sont clairement l'enjeu de la génération. La création d'un secrétariat d'État n'est pas étrangère à l'administration fédérale. Nous connaissons notamment le secrétariat d'État aux questions financières internationales ou à la formation, à la recherche et à l'innovation. Un secrétariat d'État aux transports permettrait ainsi d'envoyer un signal fort, à savoir que notre pays s'engage pleinement pour la mobilité plurielle - rail, route et aérienne -, en coordination avec la planification territoriale et les cantons, voire avec les pays limitrophes. D'ailleurs, la création d'un secrétariat d'État s'inscrit généralement avec une relation forte avec l'extérieur et, chaque fois, il nous faudrait avoir un dialogue avec les pays limitrophes.
De plus, la mise en place d'un secrétariat d'État aux transports permettrait d'assurer une parfaite cohérence entre les projets relevant des défis de la mobilité d'aujourd'hui et de demain. Il aurait pour mission d'assurer un contrôle des dépenses, des investissements et de la bonne répartition financière entre le rail et la route, surtout sans changer la répartition entre les fonds Forta, FIF et j'en passe. Ce secrétariat permettrait également de veiller à ce que l'ensemble des régions soient bien desservies par les différents modes de transport.
La mise en place d'un tel secrétariat d'État doit se faire sans effectifs supplémentaires par rapport à la situation actuelle, par exemple par la suppression de doublons. Les craintes soulignées par le Conseil fédéral peuvent donc être levées à mon sens, mais je constate que cette question n'est pas encore mûre aujourd'hui. J'ai donc décidé de retirer ma motion.