Sommaruga Carlo · Ständerat · 2025-12-11
Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-11
Wortprotokoll
La motion que vous avez sur la table et dont nous discutons est identique à la motion 25.3561, que j'avais moi-même déposée au mois de juin, et que nous avons d'ailleurs traitée au mois de septembre, lors de la session d'automne. Le 8 septembre de cette année, le chiffre 1 de ma motion a été accepté par ce conseil, par 23 voix contre 18. En d'autres termes, une majorité de notre conseil a estimé que la demande de la motion qui vise à ce que le Conseil fédéral s'engage pleinement sur trois points précis, à savoir s'opposer à la commission des crimes les plus graves dans la guerre de Gaza, garantir la fourniture d'une aide humanitaire sans entrave dans la bande de Gaza et la libération inconditionnelle de tous les otages et prisonniers politiques, méritait le soutien de notre conseil. D'ailleurs, le Conseil national a approuvé le chiffre 1 de la motion qui nous est soumise, comme cela a été rappelé par le rapporteur.
On peut alors se dire qu'avec le cessez-le-feu entré en force le 9 octobre dernier, les choses ont radicalement changé. Oui, effectivement, il y a des éléments qui ont changé. Les otages, cela a été rappelé, qui ont été capturés par le Hamas ont été heureusement et finalement libérés. La restitution des corps des victimes israéliennes qui étaient détenues par le Hamas a également eu lieu, et une partie des détenus palestiniens qu'Israël avait dans ses prisons - qu'ils soient d'ailleurs de Cisjordanie ou de Gaza - a été libérée. Ce n'est de loin pas le cas pour tous les prisonniers qui ne sont pas encore jugés ou qui ne seront jamais jugés par Israël.
Toutefois, je tiens à préciser que, dans une communication datant d'il y a quelques jours, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies a rappelé qu'à la suite de bombardements israéliens, 360 Palestiniens avaient encore été tués depuis le cessez-le-feu et que l'Unicef, de son côté, a publié lundi un communiqué indiquant qu'à Gaza, plus de 70 enfants auraient été tués depuis le 10 octobre, c'est-à-dire depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. En d'autres termes, les bombardements se poursuivent aujourd'hui, et il est important que la Suisse puisse encore intervenir pour convaincre les parties de cesser cette guerre insupportable en matière de victimes civiles.
J'aimerais encore préciser que la demande au chiffre 1 vise également l'accès pour la fourniture de l'aide humanitaire. Or, toutes les organisations humanitaires disent encore que, s'il est vrai qu'il y a eu une augmentation de l'aide humanitaire à Gaza, elle n'est pas encore suffisante pour pouvoir répondre à la famine à laquelle font face 2 millions de personnes[NB]; il y a encore des centaines de milliers de personnes en situation de préfamine. Il est donc important de continuer à faire pression sur Israël pour que l'aide humanitaire puisse entrer sans entraves. Je rappelle encore qu'en ce qui concerne l'aide humanitaire, la présence de l'UNRWA à Gaza est problématique. Vendredi passé, la Suisse a approuvé la prolongation du mandat de l'UNRWA pendant trois ans lors d'un débat à l'Assemblée générale de l'ONU. En effet, par une résolution de l'Assemblée générale acceptée par 151 voix, le mandat a été prolongé, notamment à Gaza où l'UNRWA, aujourd'hui, a scolarisé 62[NB]000 enfants et donne chaque jour 2600 consultations médicales. Il est donc important d'insister pour que l'UNRWA puisse continuer son exercice sur place. Je rappelle que la Cour internationale de justice, le 22 octobre, a également indiqué qu'Israël devait respecter la présence et les activités de l'Organisation des Nations Unies. Comme réponse, en l'état, je rappelle que le 8 décembre, les forces israéliennes ont pris d'assaut le siège de l'UNRWA à Jérusalem-Est occupé, et c'est là, malheureusement, que l'on voit que l'intervention politique et diplomatique de la Suisse pour [PAGE 1306] convaincre Israël de respecter le droit international se justifie. Dès lors, le chiffre 1 de la motion approuvée par notre chambre dans la motion que j'avais moi-même déposée et celle-ci, qui est approuvée par le Conseil national, est toujours d'actualité.
Je vous invite donc à soutenir la proposition de ma minorité.