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Kamerzin Sidney · Nationalrat · 2025-12-17

Kamerzin Sidney · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2025-12-17

Wortprotokoll

Avec l'initiative sur l'alimentation, l'agriculture est une nouvelle fois visée et désignée responsable de tous les maux environnementaux. Pourquoi cet acharnement, alors que l'agriculture n'est responsable que de 15 pour cent des émissions de CO2, qu'il y a une diminution de 13 pour cent depuis 1990 - une diminution de l'ammoniaque, une diminution du phosphore -, et que 19 pour cent des terres sont affectées à la promotion de la biodiversité[NB]? C'est surtout une nouvelle attaque envers l'agriculture, après l'initiative "pour une Suisse libre de pesticides de synthèse", après l'initiative sur l'élevage intensif, après l'initiative biodiversité, heureusement toutes rejetées à plus de 60 pour cent. C'est une nouvelle attaque, alors que le revenu horaire d'un membre d'une exploitation agricole est de 17 francs de l'heure - 17 francs de l'heure pour 60 à 65 heures par semaine de travail.

Contrairement aux initiatives précédentes, celle-ci va encore plus loin[NB]: elle ne se limite pas à porter atteinte au cadre de la production agricole, elle étend cet assaut non seulement à la production, mais aussi à la consommation. Et comment[NB]? Tout simplement en disant qu'il faut atteindre 70 pour cent de taux d'autoapprovisionnement net. Comment passer de 46 pour cent aujourd'hui à 70 pour cent[NB]? Tout simplement en remplaçant - c'est la proposition des initiants - la production et la consommation de viande par la production et la consommation végétale. En effet, la production animale nécessiterait trop d'importations d'engrais, entraînerait trop de rejets d'éléments fertilisants - phosphore, azote et autres - et il faudrait donc réduire de plus de 70 pour cent la consommation de viande pour atteindre cet objectif, et bien sûr, consommer d'autant plus de végétaux.

Il faut voir les conséquences de cette initiative. Tout d'abord, il faut se demander comment l'on va encourager la population à manger plus de végétaux. Par des taxes[NB]? Cela ressort du message, c'est une des possibilités. On sait le sort que les urnes ont réservé aux taxes supplémentaires. Si la population refuse tout simplement d'adapter son régime alimentaire à la consommation de végétaux, qu'est-ce qui va se passer[NB]? Les entreprises agricoles et les domaines agricoles qui ont fait des investissements ces dernières années ne pourront tout simplement pas amortir et rembourser ces investissements. C'est un risque pour l'emploi. Des milliers de personnes travaillent dans le secteur du lait et de la viande, aujourd'hui, en Suisse. Mais c'est surtout le tourisme d'achat qui va déplacer les répercussions environnementales à l'étranger. C'est aussi un risque d'augmenter fortement les importations, avec une dépendance accrue alors que c'est justement ce que veut combattre cette initiative qui veut atteindre plus d'indépendance agroalimentaire. Or, avec une augmentation des importations, on sera plus dépendant envers l'étranger. C'est exactement le contraire de l'objectif de cette initiative. Il faudra bien évidemment subventionner à tour de bras pour végétaliser les domaines agricoles, dans un contexte de finances fédérales aujourd'hui peu réjouissant.

Cette initiative n'est pas nécessaire. La Constitution, la loi fédérale sur la protection des eaux, la loi sur les denrées alimentaires, la loi fédérale sur la protection de l'environnement, la loi sur la protection de la nature et du paysage et d'autres protègent suffisamment la biodiversité et les écosystèmes. Il faut donc rejeter cette initiative, car le pouvoir d'achat serait atteint, avec la hausse des prix qui va s'en suivre pour la population, d'une part, mais aussi parce que l'agriculture est déjà soumise à une grosse pression de la concurrence, d'autre part, avec des salaires horaires très bas[NB]: 60 à 65 heures par semaine, à 17 francs de l'heure, je le répète, pour un membre d'une famille agricole aujourd'hui. Ce n'est pas le moment de rajouter de la pression supplémentaire sur nos agriculteurs, qui font tous ces efforts à longueur d'année pour apporter à notre pays, justement, une indépendance alimentaire. [GZ]

Merci de recommander le rejet de ce texte.