Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · 2025-12-18
Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-18
Wortprotokoll
La Commission de l'économie et des redevances persiste à ne pas donner suite aux initiatives de mon canton, qui pourtant - je trouve - mettent le doigt sur des thèmes qui sont brûlants d'actualité. Ainsi, avant, nous n'avons pas donné suite à l'initiative qui visait à prendre en compte le Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts[NB]; pourtant, d'ici une année - une année et douze jours pour être exacte -, lorsqu'il entrera en vigueur, il posera d'immenses problèmes à notre industrie d'exportation dans un contexte économique qui est déjà compliqué. Pour ce qui est de cette initiative, elle est également d'une actualité brûlante, puisque nous discutons actuellement de l'importation, notamment, des fameux poulets au chlore des États-Unis. Une motion que j'ai déposée a été commodément transmise à la commission. Il ne s'agit pas uniquement des obstacles économiques à l'importation[NB]; il s'agit aussi de procédés de traitement et de production alimentaire qui sont déjà interdits, puisqu'actuellement, notre législation - vous le savez - interdit la production de viande de volaille désinfectée au bain chloré.
Nous voyons donc qu'il y a une marge de manoeuvre dans l'interdiction que peut promulguer la Suisse pour des denrées alimentaires qui ne sont pas fabriquées dans le respect de nos réglementations. Nous savons également que [PAGE 1464] l'agriculture suisse connaît des difficultés[NB]; malgré le subventionnement assez important que nous lui apportons, elle subit la concurrence déloyale des pays qui ne respectent pas les standards à la fois sanitaires et écologiques que nous avons fixés pour la production de notre pays.
Je veux encore revenir sur un argument que je trouve un peu particulier, qui a été mentionné par la rapporteuse[NB]: c'est notre taux d'autoapprovisionnement qui reste bas - 50 pour cent selon le Conseil fédéral. Cependant, si, justement, nous mettions en oeuvre des mesures qui permettraient d'augmenter ce taux d'approvisionnement, en mettant plus sur un pied d'égalité les denrées importées et les denrées produites en Suisse, cela nous permettrait d'augmenter ce taux et de favoriser la consommation de produits suisses au bénéfice de l'agriculture locale, de l'agriculture nationale. Enfin, un élément encore, je rappelle que la grande distribution est, elle aussi, très réticente à ces denrées alimentaires importées et issues de modes de fabrication interdits en Suisse, parce que les consommateurs et les consommatrices sont plutôt exigeants - et ils ont raison de l'être - sur les produits qu'ils et elles consomment. C'est pourquoi, typiquement, pour revenir à la question de la viande de volaille chlorée, les consommateurs ne souhaitent absolument pas en consommer chez eux.
Comme cela a été dit, je crois donc que ce n'est pas la première fois qu'on donnerait suite à une initiative qui ne répond pas trait pour trait à ce que nous souhaiterions mettre en oeuvre, mais nous en reconnaissons le bien-fondé, nous reconnaissons l'intérêt d'y donner suite pour examiner plus avant la question.
Je vous invite à suivre la minorité et à donner suite à cette initiative du canton du Jura.