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Broulis Pascal · Ständerat · 2026-03-03

Broulis Pascal · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2026-03-03

Wortprotokoll

Quand un dyslexique lit un texte, il y a confusion dans les lettres, des trous ou des mots inversés. Généralement, le temps de lecture est augmenté de 50 pour cent. C'est ainsi et c'est prouvé. C'est un problème neurologique. Ce n'est pas une maladie qui se soigne et ce n'est surtout pas un manque d'intelligence, bien au contraire. Les dyslexiques ont un problème d'apprentissage et de pratique de la lecture. Loin de nous le temps où l'on mettait un bonnet d'âne à un enfant qui n'arrivait encore et toujours pas à lire.

Les logopédistes font un travail extraordinaire. Ils donnent des exemples pratiques aux jeunes concernés. Il y a des moyens informatiques excellents - d'ailleurs, on vient de le relever avec l'ordinateur - et reconnus partout dans le monde pour aider les jeunes. Les résultats sont excellents. Les certificats individuels que les logopédistes délivrent reflètent la connaissance poussée de chacun de leurs patients. Pourquoi laisse-t-on chaque gymnase cantonal ensuite interpréter ces résultats à sa guise[NB]? Vous allez me dire que la Commission suisse de maturité en a tenu compte et a publié en 2024 une directive et donc que "Tout va très bien, Madame la marquise". Néanmoins, non seulement la directive n'a rien harmonisé, mais en plus, elle a péjoré les conditions des dyslexiques. Pire, elle ne sait même pas que les structures de la langue française sont différentes de celles de l'allemand. Au nom de la souveraineté des cantons en matière d'enseignement, nous compliquons grandement la vie de nos propres enfants.

Faisons preuve d'un peu de pragmatisme[NB]: il s'agit d'une question d'un handicap reconnu universellement. Dans le canton de Vaud, nous avons l'EPFL. Pourquoi un Valaisan dyslexique a-t-il plus de chances qu'un Vaudois dyslexique d'y accéder[NB]? L'EPFL étant fédérale, il ne devrait pas y avoir de problème d'équité d'accès entre cantons. Regardons encore plus loin[NB]: aujourd'hui, nous ouvrons grand les portes de l'EPFL aux jeunes talents américains, mais aussi aux Allemands, aux Français et aux Italiens, qui ont pu bénéficier de ces aides reconnues internationalement. Dès lors, nous sommes plus sélectifs pour nos jeunes qui auraient eu l'occasion de faire un diplôme équivalent à la maturité à Boston, Berlin ou Paris. L'EPFL et l'EPFZ acceptent des certificats de logopédistes étrangers pour donner des mesures de compensation qui désavantagent, en quelque sorte, les Suisses. Ensuite, ce qui compte, c'est le talent en physique, en biologie ou en architecture. Ils peuvent bénéficier de l'aide des correcteurs orthographiques. Voulons-nous vraiment fermer les portes de nos hautes écoles à nos jeunes Suisses[NB]? Avons-nous oublié nos fameux dyslexiques issus des écoles suisses[NB]? Je rappelle qu'Albert Einstein, plus récemment Jacques Dubochet, prix Nobel de chimie suisse en 2017, ou encore la médaillée olympique des derniers Jeux olympiques en Italie, Fanny Smith, sont des dyslexiques. Donnons-nous la chance de bénéficier de leurs talents.

Je vous demande donc de soutenir notre collègue et porte-parole de minorité Fivaz Fabien et de donner une chance à nos jeunes. Ce n'est qu'une question de temps supplémentaire, ni plus ni moins. Je vous encourage à soutenir le texte de M.[NB]Kamerzin.