preparatory:AB 372404
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-03-18
Wortprotokoll
Chaque jour, ce pays s'enfonce dans une crise du pouvoir d'achat qui touche la classe moyenne et les ménages modestes. Dans l'indifférence de ce Parlement, les primes explosent, les gens paient le prix des crises mondiales, la spéculation approche et confisque les revenus des gens. Les loyers sont devenus insoutenables pour la population, il n'y a plus assez de logements abordables. Enfin, cela amène à un élément important[NB]: une perte massive de liberté pour la population de notre pays. Cette liberté nous échappe, malgré les droits que nous avons de vivre dans ce pays décemment, malgré le fait que nous pourrions toutes et tous profiter de la prospérité de notre pays. Ce qui est révoltant, c'est que, contrairement à d'autres crises, pour ce qui est des loyers abusifs, nous pouvons faire quelque chose de simple qui permettrait de régler le problème ou en tout cas de massivement le réduire.
En effet, chaque franc payé en trop pour un loyer, chaque donnée que nous avons, chaque évolution historique des loyers dans ce pays pointe dans la même direction[NB]: l'article 41 de notre Constitution qui donne le droit à un logement abordable, qui fait que nous avons le droit de pouvoir trouver un endroit où vivre et qui soit approprié à nos moyens. Depuis 2005, si on compare la véritable évolution des loyers à l'évolution théorique des loyers selon le respect du droit, selon le respect de la Constitution, il y a une différence qui, cette année déjà, correspond à 10 milliards par année de francs payés en plus. Nous payons 10 milliards de francs de trop de loyers si nous sommes locataires. Cela équivaut à 4400 francs par ménage en moyenne. Il s'agit d'une moyenne[NB]; si un ménage dispose d'un loyer abordable, un autre paie près de 10[NB]000 francs de loyer en trop.
Pensez donc[NB]: si nous avions accepté et mis en oeuvre cette motion il y a 10 ans, tous les locataires de ce pays auraient en moyenne 45[NB]000 francs de plus sur leur compte bancaire. Cela serait la réalité des gens. Un bon moyen d'éviter la crise du pouvoir d'achat que nous vivons.
Le petit propriétaire qui s'entend bien avec son locataire devient de plus en plus un mythe. Heureusement, cela existe toujours. Il existe de nombreux propriétaires tout à fait corrects, mais, malheureusement, la part des grands groupes immobiliers qui cherchent le profit par le biais de la spéculation a massivement augmenté[NB]: plus de 54 pour cent d'augmentation des propriétaires immobiliers institutionnels avec des actions depuis l'an 2000. Ce qui est problématique est qu'il n'y a pas de lien entre l'offre et la demande, d'un côté, et l'explosion des loyers, de l'autre côté. Entre 2002 et 2025, il y a, par exemple, une différence de logements vacants de 37[NB]000 à 50[NB]000, mais avec des fluctuations tout au long de cette période. Toutefois, une chose est claire[NB]: quelle que soit la situation, les loyers ont augmenté. Quand la demande a augmenté ou que les logements vacants ont diminué, les loyers ont augmenté. Quand la demande a diminué et que les logements vacants ont augmenté, les loyers ont également augmenté. Quand les taux hypothécaires ont monté, les loyers ont monté. Quand les taux hypothécaires diminuent, les loyers montent encore. Quoi qu'il se passe, les loyers montent. Ce n'est donc ni l'offre ni la demande qui ont eu un impact sur les loyers, c'est simplement la logique de la spéculation et du besoin de rentabilité - ce qui est logique, d'ailleurs. Il n'y a pas de lien entre la demande dans une ville et le coût du logement, juste entre le profit que peut faire un investisseur ou un actionnaire. C'est donc la spéculation qui pose problème, car jamais la demande ou la fluctuation n'a eu un impact sur le résultat de ce que payent les gens comme loyer. D'ailleurs, les maîtres d'ouvrage d'utilité publique démontrent que c'est possible, aussi en ville, d'avoir des logements abordables.
Je vous demande aujourd'hui d'adopter notre motion, de soutenir notre texte. Vous pourriez faire l'un des plus grands pas de ce Parlement pour la liberté, pour le pouvoir d'achat et pour le bien-vivre dans ce pays depuis longtemps. Cela changerait et cela transformerait la vie des gens s'ils pouvaient avoir cet argent dans leur poche en pleine crise du pouvoir d'achat.
Selon Lobbywatch, près de 50 pour cent du groupe UDC a des liens forts avec les milieux immobiliers[NB]; pour certains, plusieurs liens. Cette fois-ci, je vous demanderai exceptionnellement de voter plutôt en faveur du peuple, de vous dire qu'un rendement raisonnable est suffisant plutôt qu'un rendement abusif, de vous dire que si les lois et la Constitution sont là, c'est pour les respecter. Nous ne demandons rien d'autre que le respect des textes existants, et, j'aimerais le dire, c'est le strict minimum. Demander qu'on respecte les règles en vigueur, c'est le strict minimum. De plus, en faisant cela, nous pourrions améliorer le quotidien des gens. C'est donc la mesure la plus efficace qu'on peut prendre aujourd'hui par rapport aux loyers abusifs et à la crise du logement. Je vous demande, chers collègues, de la soutenir.