Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2026-03-18
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-03-18
Wortprotokoll
On va changer un peu de registre, j'en suis navré. Nous assistons, dans ce pays, à un recul régulier, mais constant de nos libertés. On peut ainsi parler de ce qu'il reste de la liberté d'expression[NB]: toujours moins. Voici que l'État devrait s'inviter dans nos assiettes et nous dicter ce que nous avons encore le droit de manger ou non. Au coeur de cette idée d'interdire l'importation de foie gras, il y a donc bel et bien la liberté.
Je prends un exemple. Je n'aime pas particulièrement les cuisses de grenouilles. Je n'en mange jamais. Cela me regarde. Faut-il pour autant les interdire[NB]? Bien sûr que non[NB]! Je pourrais aussi vous parler du caviar. Moi, je n'aime pas le caviar. Je vais vous épargner la manière dont le caviar est produit. Faut-il interdire le caviar[NB]? Évidemment que non. Certains collègues, dans cette salle, préfèrent s'abstenir de manger du foie gras. Soit. C'est leur liberté. Cependant, il y en a aussi qui apprécient le foie gras. J'en fais partie. Du foie gras, je n'en mange pas souvent, mais il m'arrive d'en manger. C'est une liberté autant qu'une tradition. C'est un élément, parmi d'autres, de la bonne cuisine, et, que cela plaise ou non à ceux qui veulent tout interdire, cela le restera, en France en particulier - la France, grande nation civilisée, comme le rappelait tout à l'heure notre collègue Benjamin Roduit.
Si les partisans d'une nouvelle prohibition nous y obligent, le foie gras, en plus d'être bon, aura le goût de l'interdit, le goût de la liberté. Est-ce cela, vraiment, que nous voulons[NB]?
Quant à moi, je revendique le droit, la liberté de manger du foie gras, si cela me plaît, en certaines occasions. Je dirai donc non à l'initiative aussi bien qu'au contre-projet.
De grâce - c'est le cas de le dire, pour quelque chose qui est quand même assez gras -, qu'on me laisse libre[NB]!