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Gobet Nadine · Nationalrat · 2026-03-18

Gobet Nadine · Nationalrat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2026-03-18

Wortprotokoll

Autant le dire tout de suite, je m'oppose à l'initiative foie gras. En effet, j'estime que la Suisse a, à ce jour, suffisamment durci son arsenal législatif pour protéger le bien-être des oies et des canards. En 1978 déjà, nos prédécesseurs avaient interdit la maltraitance animale, ce qui avait conduit à l'interdiction du gavage des volatiles et donc à l'interdiction de la production de foie gras sur le territoire national. En ce qui concerne son importation, après de longues années de débat populaire sur le sujet, un juste compromis a été trouvé en 2023 qui consiste en une déclaration obligatoire de la méthode de production afin que les consommateurs puissent choisir librement et de manière éclairée quels produits ils souhaitent acheter. Cette déclaration étant en vigueur en Suisse depuis le 1er juillet 2025, le consommateur dispose donc aujourd'hui d'une information claire et transparente. Cette solution pragmatique respecte le principe libéral fondateur de notre Confédération en ce sens qu'elle laisse la liberté de choix à nos concitoyens.

Rappelons également que selon une étude commandée par les initiants eux-mêmes, quasiment un habitant sur trois, tout de même, consomme du foie gras dans notre pays. Cette étude démontre par ailleurs une profonde disparité régionale, puisqu'en Romandie 71 pour cent des sondés déclarent consommer ce mets, sans oublier la moitié des Tessinois.

L'interdiction d'importer du foie gras telle que proposée par les initiants aurait des conséquences problématiques pour notre société. D'une part, elle créerait un dangereux précédent sur le plan de la liberté individuelle, puisque l'État s'autoriserait à interdire un produit alimentaire légalement importé alors même que l'information du consommateur est garantie. Aujourd'hui, on demande au Conseil fédéral d'interdire le foie gras. Demain, ce sera quoi[NB]? D'autre part, l'interdiction aurait un impact important pour les bouchers, les restaurateurs et le commerce de détail, surtout en Romandie, puisque les consommateurs se rendraient simplement dans les pays voisins pour continuer à consommer ce mets qu'ils apprécient, entraînant au passage une augmentation du tourisme d'achat et une perte importante de chiffre d'affaires pour les commerces et établissements, en particulier durant la période des fêtes de fin d'année.

Finalement, je pense qu'il est également nécessaire de mentionner nos traditions culinaires. Ce pays fédéral est établi sur un principe fondamental, celui de la cohésion nationale au-delà des différences culturelles. Je l'ai rappelé[NB]: une large majorité des Romands et près de la moitié des Tessinois consomment volontiers du foie gras, en particulier lors des repas de Noël. En ce sens, une interdiction dictée par la partie alémanique majoritaire qui ne partage pas nos goûts culinaires serait un précédent regrettable pour la qualité de notre vivre ensemble. N'alimentons pas un "Röstigraben" à cause du foie gras.

Deshalb appelliere ich an meine Deutschschweizer Kollegen: Auch wenn Sie keine Fans von Foie gras sind, respektieren Sie bitte den Föderalismus, der die Stärke unserer Nation ausmacht, und berauben Sie nicht eine bedeutende Minderheit Ihrer Mitbürger ihrer kulinarischen Freude.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à rejeter cet objet et à privilégier un statu quo efficace. C'est ainsi un oui à la responsabilité individuelle, un oui à la liberté individuelle et un non à un monde hygiéniste.