AB 373070
Maillard Pierre-Yves · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-03-19
Wortprotokoll
J'aimerais soutenir les propos de Fabio Regazzi. Ce n'est pas si fréquent que, du côté patronal et syndical, on a des points de vue convergents, mais, sur ce dossier, c'est le cas. Bien sûr, comme l'a dit Fabio Regazzi, les bases légales ne laissent pas discriminer des entreprises étrangères par rapport aux entreprises suisses[NB]; personne ne remet cela en cause, mais, ce qui existe, c'est la marge de manoeuvre des autorités exécutives et des entreprises publiques. Cette marge de manoeuvre doit évidemment respecter le droit, mais elle doit aussi être inventive, elle doit être pertinente. Elle existe, et nier systématiquement cette marge de manoeuvre est insupportable. Il y a un risque pour notre industrie[NB]: nous perdons des milliers d'emplois en ce moment dans toute une série de domaines, et un pays qui n'a pas d'industrie est un pays qui n'a pas d'avenir. Un pays qui ferait de la monoculture de services serait exposé à des risques évidents en matière de durabilité et de diversité. Nous avons besoin d'industrie pour nos jeunes, pour le savoir-faire que nous avons développé dans nos hautes écoles.
Il est absolument indispensable que le Conseil fédéral prenne la mesure du risque et agisse en conséquence avec toutes les entreprises publiques. C'est le cas également pour les cantons. Il est possible de favoriser notre industrie et on aimerait vraiment que cette possibilité soit développée. Là, où je regrette que les organisations patronales et que les majorités dans nos parlements n'aillent pas plus loin, c'est qu'on définisse une fois, depuis le Parlement, ce qu'on veut en matière de politique industrielle. Malheureusement, on a de la peine à le faire, mais cela ne doit en tous cas pas libérer nos autorités exécutives de la possibilité d'utiliser toute la marge de manoeuvre. Fabio Regazzi l'a dit[NB]: les critères qualitatifs et les critères d'engagement pour la formation professionnelle doivent être mieux valorisés. Il faut des consignes dans ce sens.
Il faut aussi qu'il y ait un débat entre le Conseil fédéral et la Banque nationale suisse. On sait que la Banque nationale suisse est autonome et indépendante, mais elle dialogue quand même avec le Conseil fédéral. J'aimerais bien que le Conseil fédéral ait régulièrement un débat en son sein pour définir ce qu'il veut en matière de défense de notre industrie. Il est vraiment minuit moins cinq. Beaucoup de pays ont perdu leur industrie. Quand des emplois sont perdus, on ne les retrouve pas. J'aimerais donc vraiment profiter de cette interpellation pour encourager le Conseil fédéral à régulièrement, au cours de ses séances, prendre un peu de temps pour faire le point sur la situation de notre industrie suisse et pour regarder tous les moyens possibles pour essayer de la soutenir dans le cadre légal en vigueur.