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Kolly Nicolas · Nationalrat · 2026-04-30

Kolly Nicolas · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-04-30

Wortprotokoll

Un territoire et un peuple sont les éléments constitutifs d'une nation. La nôtre, la Suisse, se compose du territoire de nos 26 cantons qui ont décidé de former ensemble la Confédération helvétique. Cette construction institutionnelle est inscrite dans notre Constitution fédérale à son article premier. Le peuple suisse est donc celui des cantons, avec leurs spécificités, leurs traditions et leurs cultures.

Notre pays est une "Willensnation", une communauté de volonté. Dans notre pays, on naît suisse par le droit du sang ou l'on devient suisse par un processus exigeant qui récompense les efforts d'une intégration réussie en octroyant le passeport rouge à croix blanche et le droit d'être une partie intégrante du peuple formant la Suisse.

Depuis l'an 2000, la population de notre pays a très fortement augmenté, de près de 2 millions de personnes. Durant cette même période, les conditions d'accès à la nationalité suisse ont été à plusieurs reprises assouplies, pour ne pas dire parfois galvaudées. Cependant, dans ce même temps, soit durant ces 25 dernières années, plus d'un million de personnes ont été naturalisées.

Aujourd'hui, l'initiative populaire "pour un droit de la nationalité moderne" vise en réalité un changement radical[NB]: un droit à la naturalisation quasi automatique et un droit à la nationalité systématique. Ce sera le coup final d'un processus de dévoiement de la naturalisation suisse engagé depuis de nombreuses années. Cette vision fait abstraction de ce qui constitue le peuple suisse. Ce dernier n'est pas une simple addition d'individus. Il repose sur un socle commun[NB]: la connaissance de notre pays, de son système politique unique au monde, de sa démocratie directe, de son histoire, de sa géographie, de sa culture, de ses traditions, bref, de tout ce qui fait réellement notre pays. Être suisse, c'est connaître cela, c'est le respecter, c'est s'y attacher et c'est le transmettre. Ce sont les critères d'intégration indispensables que cette initiative veut supprimer.

Être intégré, c'est aussi respecter l'ordre juridique suisse. C'est aussi subvenir à son entretien sans dépendre durablement de l'aide sociale. Avec cette initiative, la nationalité suisse ne serait plus le résultat d'un parcours d'intégration réussi. Elle ne récompenserait plus un engagement envers notre pays, mais deviendrait un simple droit formel. À terme, la Suisse ne serait plus une nation fondée sur cette volonté commune. Elle risquerait de devenir une juxtaposition d'individus que plus rien ne relie profondément.

Aujourd'hui, il est nécessaire de reprendre la maîtrise de notre politique migratoire afin de pouvoir déterminer nous-mêmes ceux qui rejoignent notre pays et savoir si ces derniers le font pour de bonnes raisons. Ensuite, il faut s'assurer que celles et ceux qui deviennent suisses partagent réellement les fondements de notre communauté nationale.

Pour cette raison, je recommanderai le rejet de cette initiative.