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Kamerzin Sidney · Nationalrat · 2026-06-09

Kamerzin Sidney · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2026-06-09

Wortprotokoll

Le constat, aujourd'hui, est le suivant[NB]: les besoins en électricité en Suisse vont augmenter ces prochaines années, selon l'Office fédéral de l'énergie, d'environ 20 térawattheures par année, pour passer d'environ 60 térawattheures aujourd'hui à 70 à 80 térawattheures à l'horizon 2050, cela en raison de l'électrification de la société, des véhicules, des bâtiments, data centers, technologies, etc. D'un autre côté, pour faire face à cette augmentation des besoins, il y a une réduction de la production indigène d'électricité avec la fermeture, à l'horizon 2033, de la centrale des deux réacteurs de Beznau et, à l'horizon 2060, des centrales de Gösgen et de Leibstadt. Aujourd'hui, cette production d'énergie et d'électricité avoisine les 20 à 25 térawattheures par année. Elle serait donc abandonnée. Dès lors, il y aurait une augmentation des besoins et une diminution de la production locale d'énergie et d'électricité[NB]; tout cela en visant la neutralité carbone à l'horizon 2050, la souveraineté énergétique dans un contexte géopolitique instable, avec la situation en Ukraine, la situation que nous avons connue durant l'hiver 2022-2023, moment où la Suisse a frôlé une pénurie d'électricité.

Face à cela, il y a différentes possibilités. Le choix de la dépendance énergétique, de la dépendance envers nos voisins, envers l'Union européenne constitue une première possibilité. Malheureusement, tant qu'on n'a pas d'accord sur l'énergie, tant qu'on n'a pas d'accord sur l'électricité, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, la Suisse reste en deuxième ligne sur le marché européen. Les membres de l'Union européenne seront privilégiés par rapport à la Suisse en cas de situation tendue. Par exemple, la moitié des réacteurs nucléaires français étaient à l'arrêt en 2022. Nous serions dépendants de ces problèmes de maintenance et de ces problèmes techniques, comme cela a été le cas durant l'année 2022, ce qui nous a conduits à ce grand risque de pénurie durant l'hiver 2022-2023. Il y a aussi un risque financier, avec, en fin de compte, une absence totale de contrôle des coûts pour les consommateurs. Il y a aussi un autre risque financier, puisque - nous ne l'oublions pas - Paris avait déclaré qu'elle pourrait appeler ceux qui utilisent le parc nucléaire français à contribuer à la construction des centrales nucléaires françaises, ce qui n'est pas souhaitable.

La deuxième possibilité, c'est celle que nous examinons aujourd'hui de la continuité du mix énergétique avec le renouvelable. Bien sûr, mais qu'est-ce que cela veut dire[NB]? Cela veut dire, pour l'éolien, de passer de 50 à 500 éoliennes, soit de multiplier par 10 le parc éolien en Suisse, alors que l'on connaît les oppositions, les votations populaires qui débouchent, on l'a vu avec le parc de la Montagne des Buttes et avec le parc de Sainte-Croix, sur vingt ans de procédure pour aboutir à un projet qui se réalise, mais qui a duré une vingtaine d'années. Sur le plan hydraulique, bien sûr qu'il est nécessaire de poursuivre sur cette voie, mais pour combler ces dizaines de térawattheures qui manqueront en 2050, les 16 projets de la table ronde suffiront-ils[NB]? Non, il faudrait multiplier par 10 ou par 15 les projets de la table ronde pour arriver, au moyen de l'hydraulique, à combler ce manque. Enfin, bien sûr qu'il faut encourager le solaire également, mais cela voudrait dire - il faut bien se rendre compte -, comme le souligne le message du Conseil fédéral et les études citées par ce dernier, notamment celle de l'Institut Paul Scherrer, qu'il faudrait environ 780 projets comme Gondosolar pour remplacer un seul réacteur de type EPR récent, qui produit environ 12 térawattheures par année. On connaît aussi les difficultés, notamment liées aux problèmes de stockage, pour faire face à la pénurie hivernale, les problèmes durant les pics journaliers, la question de la dépendance au silicium, et les problèmes d'opposition aussi, puisque la population a manifesté à plusieurs reprises qu'elle ne voulait pas des grands parcs solaires alpins.

Alors aujourd'hui, bien sûr qu'il faut favoriser le renouvelable, mais l'idée est de garder une porte ouverte pour garantir la sécurité de l'approvisionnement. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il s'agit de laisser cette porte ouverte au cas où nous ne surmonterions pas ces obstacles environnementaux, ces obstacles techniques et ces obstacles juridiques. À ce moment-là, il faudrait utiliser et envisager le nucléaire en analysant tous les aspects financiers, de sécurité et de traitement des déchets.

À cet égard, je vous recommande donc de proposer le rejet de cette initiative, mais d'accepter le contre-projet.