Hurni Baptiste · Ständerat · 2026-06-15
Hurni Baptiste · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-06-15
Wortprotokoll
Pour être parfaitement honnête avec vous, en préparant cette intervention, j'ai relu le débat de l'année passée[NB]; je crois que je pourrais refaire exactement la même intervention, et je crains que Mme la conseillère fédérale n'y apporte exactement les mêmes réponses. Cette chambre n'ayant pas l'habitude de se répéter, je me permettrai d'être relativement bref cette année. J'aimerais quand même exprimer quelques éléments de satisfaction d'abord, puis quelques éléments d'interrogation.
Cela a été rappelé par la rapporteuse[NB]: les résultats sont bien meilleurs que ceux qui étaient envisagés au budget. Nous concluons l'année 2025 avec un bénéfice. Je rappelle que l'année 2024, quant à elle, se concluait par un équilibre financier. Alors, oui, il y a l'apport extraordinaire des finances genevoises. C'est exact, on l'a beaucoup mis en avant. Ont été moins mises en avant les dépenses extraordinaires qui ont grevé ce budget, elles aussi, comme l'apport de recapitalisation pour les CFF. Je le répète[NB]: les comptes sont meilleurs que prévu, de l'ordre de 1 milliard de francs par rapport au budget. L'année passée, c'était de l'ordre de 2 milliards de francs. Si on prend même les comptes consolidés de la Confédération, dont nous ne parlons pas aujourd'hui, avec les assurances sociales, le résultat est encore bien meilleur.
On pourrait dire que l'histoire se répète. On pourrait s'en satisfaire et estimer que la bonne maîtrise financière de la Confédération est finalement un objectif bien atteint. L'année passée, Mme la conseillère fédérale m'invitait d'ailleurs à la prudence, en pointant du doigt que "les comptes ne vont pas s'améliorer". Alors, Madame la conseillère fédérale, je vous le dis[NB]: les comptes se sont améliorés de 2024 à 2025. Vous pointiez notamment du doigt les dépenses extraordinaires pour les CFF - j'en ai parlé - ou encore le financement à venir pour Horizon Europe.
Aujourd'hui, ces deux éléments ont été intégrés et les comptes sont toujours bénéficiaires. Alors, j'imagine que cette année vous me direz, comme l'année passée, que le champagne doit rester au frais, parce que nous avons cette situation extraordinaire à Genève. Mais vous le savez, Madame la conseillère fédérale, nous sommes dans une situation de crise quant à la consommation de vin suisse, et peut-être qu'il est temps, maintenant, de déboucher non pas du champagne, mais du vin mousseux de notre pays. Ce qui m'étonne, trêve de plaisanterie, c'est que systématiquement on nous invite à la prudence, systématiquement, quand les comptes sortent, on nous dit qu'au fond, on a eu un coup de bol - cette année, ce sont les finances genevoises, l'année passée, c'étaient d'autres éléments -, mais ces coups de bol, si j'ose les appeler ainsi, ne cessent de se répéter. Pour moi, la chance à répétition, ce n'est plus de la chance, ce sont des probabilités. L'austérité, dans ce cas, n'est pas une simple donnée technique, c'est, à mon sens, un programme politique qui conteste, malheureusement, dans notre cas la réalité des finances publiques. Car, quand je lis ces comptes, au fond, la seule question que je me pose vraiment, c'est si nous avions vraiment besoin de faire un programme de coupes budgétaires. Est-ce que nous avions vraiment besoin de faire un programme d'économies, puisque tous les indicateurs sont au vert[NB]? Le programme d'économies devait viser à stabiliser les finances de la Confédération[NB]: on le voit, elles le sont, en tout cas depuis deux ans. Dès lors, ce programme ne servira-t-il pas plutôt à remplir les caisses pour d'autres projets - c'est peut-être très bien -, mais sur le dos de beaucoup d'acteurs dans le besoin, de la recherche aux étudiants, aux apprentis, en passant par les cantons, et de nombreux autres acteurs[NB]?
Bref, Madame la conseillère fédérale, entre vous et moi, dites-moi[NB]: est-ce que ce programme d'économies est encore d'actualité ou non[NB]? Est-ce qu'il est encore nécessaire ou non[NB]? Et comment le justifiez-vous[NB]?